(Bethléem) Des milliers de chrétiens se sont rassemblés mardi près de la basilique de la Nativité à Bethléem, lieu de naissance de Jésus selon la tradition chrétienne, donnant le coup d’envoi des célébrations de Noël.

Claire GOUNON
Agence France-Presse

Le pape François doit s’adresser en soirée depuis le Vatican aux quelques 1,3 milliard de catholiques dans le monde.

À Bethléem, ville de Cisjordanie occupée, Palestiniens et étrangers ont assisté dans la journée, dans une ambiance festive, au défilé de scouts habillés de bleu, jaune ou beige, paradant au son de cornemuses et tambours autour de la place de la Mangeoire, en face de la basilique.

Dans la basilique, des fidèles venus d’Italie, d’Inde ou de Tanzanie ont longuement patienté pour visiter l’endroit exact où serait né Jésus.

À 17 h, lorsque les portes de la basilique se sont fermées, ils étaient encore des centaines à attendre de pouvoir visiter l’exigüe grotte de la Nativité, fourmillant de visiteurs.

« La basilique est superbe et elle rend réel ce que l’on apprend dans la Bible », s’est enthousiasmée Laneda, une Américaine venue en famille. « Tout est tellement chargé de sens ici ».

Alors qu’une nuit fraîche est tombée sur Bethléem, les abords directs de la basilique se sont vidés, mais de nombreux Palestiniens, chrétiens et musulmans, et quelques touristes continuent de prendre des égoportraits devant le sapin de 15 mètres de haut qui trône sur la place de la Mangeoire, désormais illuminée de toute part.

« Espoir »

Cette année, les festivités sont marquées par le retour en Terre sainte d’un premier fragment du berceau de Jésus, arrivé à Jérusalem puis transféré fin novembre en grande pompe à Bethléem, après 1300 ans en Europe.

« C’est important, car il s’agit d’une partie de la structure de bois de la crèche originelle de Bethléem […] qui avait quitté la Terre sainte vers l’an 640 », selon le custode de Terre sainte, Francesco Patton.

Arrivé en fin de matinée à Bethléem, Pierbattista Pizzaballa, l’administrateur apostolique du patriarcat latin de Jérusalem, doit célébrer la messe de minuit dans l’Église Sainte-Catherine, attenante à la basilique. Le président palestinien Mahmoud Abbas devrait y assister.

Quelques chrétiens de la bande de Gaza devraient également être présents, mais en nombre inférieur par rapport aux années précédentes, Israël ayant accordé moins de permis de sortie de l’enclave palestinienne sous blocus israélien.

Tout Palestinien désirant se rendre de Gaza en Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, doit traverser le territoire israélien et obtenir un permis auprès des autorités israéliennes.

Plus de 300 personnes ont été autorisées à quitter la bande de Gaza pour l’occasion, sur les 950 ayant demandé une autorisation, selon Wadie Abou Nassar, porte-parole des Églises de Terre sainte.

Tourisme en hausse

Ces dernières années, les festivités de Noël ont parfois été ternies par les tensions.  

En 2017, la décision unilatérale prise quelques semaines plus tôt par le président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël avait provoqué des manifestations quasi quotidiennes dans les Territoires palestiniens, notamment à Bethléem, ville séparée de Jérusalem par un mur érigé par les autorités israéliennes.

Les festivités de 2015 s’étaient déroulées sur fond de violences anti-israéliennes ayant secoué Israël et les Territoires palestiniens et coûté la vie à 150 personnes en trois mois.

Après plusieurs années de baisse de fréquentation dues aux retombées du conflit israélo-palestinien, Bethléem connaît en 2019 une hausse importante du nombre de visiteurs, selon des responsables palestiniens du tourisme.

Sur la place de la Mangeoire, la ministre palestinienne du Tourisme Rula Maayah s’est réjouie auprès de l’AFP que 3,5 millions de personnes aient visité Bethléem cette année.

Ailleurs dans le monde, la reine Élisabeth II a reconnu dans sa traditionnelle allocution de Noël que l’année 2019 avait été « semée d’embûches », entre scandales ébranlant la famille royale britannique et Brexit.

En France, une grève des cheminots a compliqué les déplacements de nombreux voyageurs, dont certains n’ont pas pu se rendre dans leur famille à temps pour le réveillon de Noël.

À Hong Kong, des heurts ont éclaté dans un centre commercial entre manifestants prodémocratie et police antiémeute, les contestataires ayant appelé à des rassemblements éclair pendant la période des fêtes.