(Téhéran) L’Iran a indiqué lundi être prêt à d’autres échanges de prisonniers avec les États-Unis tout en insistant sur le fait que celui effectué pendant le week-end avec Washington n’était en aucun cas le résultat de négociations formelles.

Agence France-Presse

Samedi, le président américain Donald Trump avait remercié l’Iran sur Twitter « pour une négociation très juste » après un échange de prisonniers organisé en Suisse.

Ce marché avait permis la libération, le jour même, d’un Américain emprisonné en Iran pendant plus de trois ans, Xiyue Wang, et d’un Iranien détenu aux États-Unis depuis 2018, Massoud Soleimani.

AP

Le ministre iranien des Affaires étrangères Javad Zarif et Massoud Soleimani.

« Il ne s’est agi que d’un échange et […] en ce qui concerne les échanges (de prisonniers), nous sommes prêts à agir, mais il n’y a pas de négociations » avec les États-Unis, a déclaré lundi le porte-parole du gouvernement iranien, Ali Rabii, lors d’une conférence de presse à Téhéran.  

« Toute négociation ou discussion » avec les États-Unis ne pourra avoir lieu que « dans le cadre 5 “1 et après que les États-Unis auront renoncé aux sanctions et au terrorisme économique », a-t-il ajouté.

Le groupe dit P5+1 comprend les six pays ayant conclu avec la République islamique l’accord international sur le nucléaire iranien, à Vienne en 2015 (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne).

Les États-Unis sont sortis unilatéralement de cet accord en mai 2018 avant de réimposer des sanctions économiques contre l’Iran, et de les durcir.

Téhéran et Washington n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1980, et le gouvernement iranien exige depuis des mois des États-Unis qu’ils annulent leurs sanctions s’ils veulent pouvoir discuter d’une façon ou d’une autre avec l’Iran.

Arrêté en août 2016 alors qu’il menait des recherches sur la dynastie des Qajars (fin du XVIIIe au début du XXe siècle), Xiyue Wang, chercheur en histoire à l’université de Princeton, purgeait une peine de dix ans de prison en Iran pour « espionnage ».

Massoud Soleimani, professeur à l’université Tarbiat Moddares de Téhéran et spécialiste des cellules souches, s’était rendu aux États-Unis le 22 octobre 2018 pour des travaux de recherche. Il avait été arrêté à son arrivée à Chicago, selon l’agence officielle iranienne Irna.

« Après avoir récupéré notre otage cette semaine, nous sommes prêts pour un échange de prisonniers complet. La balle est dans le camp des États-Unis », a réagi lundi sur Twitter le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif.   

M. Zarif avait proposé en avril qu’Iran et États-Unis échangent tous leurs prisonniers, qu’ils s’accusent mutuellement de détenir sous de « fausses » accusations.

M. Rabii a affirmé que l’Iran avait reçu il y a quelques mois un message d’un « ancien responsable américain » indiquant que Washington était prête à faire un échange.

Selon l’hebdomadaire américain The New Yorker, l’échange de prisonniers aurait été réalisé après qu’un ancien député américain, Jim Slattery, eut approché les Iraniens de la part de l’avocat de la famille de M. Wang.