(Bagdad) Le chef d’une puissante force paramilitaire irakienne est revenu jeudi sur les accusations de son adjoint selon lesquelles les États-Unis sont responsables d’une série d’explosions sur des bases du groupe en Irak.

Agence France-Presse

En juillet, des explosions ont touché quatre bases du Hachd al-Chaabi, une alliance constituée essentiellement de groupes armés favorables à l’Iran et opposés à la présence américaine en Irak. Jeudi, le Hachd al-Chaabi a rapporté un nouvel incident avec un drone de surveillance.

Cette force paramilitaire a aidé les forces irakiennes à vaincre le groupe djihadiste État islamique (EI) en 2017. Des forces américaines sont déployées en Irak dans le cadre de la coalition internationale sous commandement américain qui a soutenu l’Irak dans sa lutte contre l’EI.

Mercredi, le chef adjoint du Hachd, Abou Mahdi al-Mouhandess, a accusé les forces américaines d’être «la seule entité responsable» des attaques menées selon lui par « des agents ou dans le cadre d’opérations spéciales avec des avions modernes ».

Le Pentagone a nié toute implication.

Et, le chef du Hachd al-Chaabi, Faleh al-Fayyadh, a publié un communiqué dans lequel il n’accuse pas les États-Unis.

Dans ce texte, il affirme que les «investigations préliminaires» ont montré que ces explosions avaient été «planifiées par une partie étrangère» mais que l’enquête se poursuivra «pour déterminer avec exactitude les parties responsables en vue de prendre les mesures adéquates».

M. Fayyadh, également conseiller de la sécurité nationale au gouvernement irakien, a publié ce communiqué avant l’aube après une réunion d’urgence avec le premier ministre Adel Abdel Hadi.

Selon M. Fayyadh, le communiqué de son adjoint «ne représente pas la position officielle du Hachd al-Chaabi».

Ce désaveu public témoigne de dissensions probables au sein du Hachd al-Chaabi, composé d’unités paramilitaires soutenues par l’Iran, en majorité chiites mais comptant aussi des sunnites. Formé de forces hétéroclites, parfois rivales, le Hachd a été créé en 2014 et répond officiellement au premier ministre irakien.

M. Mouhandess avait aussi accusé les forces américaines d’avoir laissé cette année quatre drones israéliens pénétrer dans l’espace aérien irakien et «viser des QG militaires irakiens». Mais il n’avait pas accusé explicitement Israël d’avoir mené les attaques contre ses bases.

Jeudi, un nouvel incident a été rapporté par le Hachd al-Chaabi près d’une de ses bases.

«Le Hachd al-Chaabi a visé un drone de surveillance volant au-dessus de la base de la Brigade 12 dans la ceinture autour de Bagdad, le forçant à se retirer avant d’avoir terminé sa mission de surveillance», a indiqué le groupe dans un communiqué.

Un conseiller militaire du Hachd al-Chaabi, Nasr al-Chommari, a dit à l’AFP que le drone n’avait pas pu être identifié et qu’il ne s’était pas écrasé.

Par ailleurs, un des groupes armés membres du mouvement et proche de l’Iran, le Kataëb Hezbollah, a lancé «un dernier avertissement» aux États-Unis.

«Nous lançons un dernier avertissement à l’ennemi américain : toute attaque visant une position irakienne sera suivie d’une réponse dure et catégorique», a-t-il affirmé dans un communiqué.