(Migdal Oz) Le cadavre d’un jeune soldat israélien poignardé à plusieurs reprises a été découvert jeudi en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël, le premier ministre Benyamin Nétanyahou évoquant un acte «terroriste».

Michael BLUM
Agence France-Presse

Le corps de Dvir Sorek, un soldat de 19 ans qui ne portait ni arme, ni uniforme quand il a été tué selon l’armée, a été retrouvé près de la colonie juive de Migdal Oz, entre les villes palestiniennes de Bethléem et Hébron.

Cette zone de Cisjordanie, occupée depuis 1967 par Israël, est le théâtre récurrent de heurts entre des Palestiniens et les forces israéliennes.

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Des soldats israéliens surveillent un point de passage près du lieu du crime.

Des renforts militaires ont été envoyés en Cisjordanie occupée. Le premier ministre Benyamin Nétanyahou s’est rendu en fin de journée à Migdal Oz, promettant que les forces de sécurité allaient rapidement retrouver «ceux qui ont perpétré ce meurtre odieux».

D’importants effectifs de policiers, soldats et de membres du Shin Beth, le renseignement intérieur, ont quadrillé en matinée le secteur où a été retrouvé le corps.

Des dizaines de soldats et de policiers ont également pénétré dans la ville palestinienne voisine de Beit Fajjar, allant de maison en maison pour mettre la main sur des caméras de sécurité. Ces enregistrements pourraient permettre d’identifier les mouvements de suspects potentiels.

Réponse «légitime»

Benyamin Nétanyahou, actuellement en campagne pour des législatives du 17 septembre qui s’annoncent âprement disputées, a tout de suite accusé des «terroristes».  

«Aujourd’hui, un de nos meilleurs enfants est encore tombé […] Ces terroristes tordus viennent détruire alors que nous sommes là pour construire», avait-il déclaré un peu plus tôt dans la journée, lors d’un déplacement dans la colonie juive de Beit El, pour assister à l’inauguration de 650 nouveaux logements controversés.

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Benyamin Nétanyahou s’est rendu en fin de journée, jeudi, à Migdal Oz.

Les colonies israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés sont contraires au droit international.  

Les groupes armés palestiniens du Djihad islamique et du Hamas n’ont pas revendiqué le meurtre du soldat israélien mais ils l’ont salué comme faisant partie des réponses «légitimes» et «normales» à la colonisation et à la destruction, fin juillet, par Israël de logements pour Palestiniens à Wadi Hummus, au sud de Jérusalem.

Originaire d’Ofra, une colonie près de Ramallah, la victime étudiait plus au sud à Migdal Oz, dans une yeshiva, un centre d’étude de la Torah. Il suivait un programme spécial combinant études religieuses et service militaire, a précisé le directeur de son école, le rabbin Schlomo Wilk.  

«Il était parti pour Jérusalem dans l’après-midi (mercredi) afin d’acheter un cadeau pour ses professeurs», a déclaré le rabbin à la radio publique. «Trente minutes avant d’être assassiné, il était en contact avec nous alors qu’il était dans un bus en route vers la yeshiva», a-t-il ajouté.

«Yeux lumineux»

«Dvir avait des yeux lumineux, mais il a été tué par une personne qui portait le meurtre dans ses yeux», a déclaré en hébreu le père de la victime à des médias locaux.  

Le corps de Dvir Sorek, dont le grand-père avait été tué lors d’une attaque palestinienne en 2000, a été retrouvé tout près de la yeshiva où il étudiait, selon l’armée. Mais il n’était pas clair si le jeune colon avait été tué sur place ou ailleurs, des médias locaux évoquant la thèse d’un enlèvement ayant déraillé.

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La colonie de Maale Adumim, photographiée mardi.

L’essor des colonies juives – qui comptent aujourd’hui plus de 600 000 Israéliens menant une coexistence souvent conflictuelle auprès de trois millions de Palestiniens en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est, la partie palestinienne de la ville sainte occupée et annexée par Israël – est le sujet de vives tensions.

Encore cette semaine, les autorités israéliennes ont approuvé la construction de plus de 2300 logements dans des colonies en Cisjordanie et la «légalisation», au regard du droit israélien, de trois colonies qui n’étaient pas officiellement reconnues par l’État hébreu.

«L’expansion des colonies n’a pas de valeur légale et constitue une violation flagrante du droit international», a dénoncé cette semaine le représentant de l’ONU pour le processus de paix au Proche-Orient, Nickolay Mladenov.

Si la colonisation par Israël de la Cisjordanie occupée et de Jérusalem-Est s’est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967, elle s’est accélérée ses dernières années sous l’impulsion du premier ministre Nétanyahou et de son allié à Washington, le président américain Donald Trump.