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L'Iran accuse les États-Unis d'escalade «inacceptable» des tensions

Le ministre iranien Mohammad Javad Zarif, en visite... (PHOTO AFP)

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Le ministre iranien Mohammad Javad Zarif, en visite au Japon jeudi, a assuré que son pays maintenait son «engagement» vis-à-vis de la communauté internationale dans le cadre de l'accord sur le nucléaire iranien.

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FRANCESCO FONTEMAGGI, KYOKO HASEGAWA
Agence France-Presse
Tokyo

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a accusé jeudi les États-Unis de provoquer une «inacceptable» «escalade de tensions» à l'encontre de Téhéran.

«Nous agissons avec le maximum de retenue», a ajouté M. Zarif, en référence à la réaction de son pays face à la décision prise il y a un an par Donald Trump de sortir les États-Unis de l'accord de 2015 censé empêcher l'Iran de fabriquer la bombe atomique.

Le ministre iranien, en visite au Japon et qui se rendra vendredi en Chine, a assuré que son pays maintenait son «engagement» vis-à-vis de la communauté internationale dans le cadre de cet accord.

La tension est montée ces dernières semaines avec le déploiement dans la région d'un porte-avions et de missiles Patriot par les États-Unis, qui font état de menaces de l'Iran contre leurs intérêts.

Les États-Unis ont rappelé mercredi leur personnel diplomatique non-essentiel en Irak en invoquant une «menace imminente» en «lien direct» avec l'Iran voisin, mais Donald Trump a renouvelé ses appels au dialogue.

«Je suis sûr que l'Iran voudra bientôt discuter», a lancé le président américain sur Twitter.

Toutefois, à Tokyo, le chef de la diplomatie iranienne a exclu jeudi «toute possibilité» de négociations avec les États-Unis, selon des propos rapportés par l'agence japonaise Kyodo.

«Je ne sais pas pourquoi le président Trump est confiant car c'est totalement faux», a renchéri l'influent diplomate iranien, cité par la chaîne de télévision nippone NHK.

Washington a fait monter la pression sur Téhéran depuis dix jours et a ostensiblement renforcé sa présence militaire dans le Golfe, faisant état de préparatifs iraniens d'attaques aux contours encore flous contre des intérêts américains dans la région.

Dans la nuit de mardi et mercredi, le département d'État a annoncé avoir donné l'ordre de partir au personnel américain gouvernemental non essentiel de l'ambassade à Bagdad ainsi que du consulat à Erbil, au Kurdistan irakien, «en raison du flux de menaces accru».

«Provocations» américaines

«Il s'agit d'une menace imminente contre notre personnel», a ensuite déclaré un haut responsable américain à Washington. Cette menace «est réelle», a-t-il insisté, évoquant notamment la responsabilité de «milices irakiennes sous commandement et contrôle des Gardiens de la Révolution iraniens», l'armée idéologique de la République islamique d'Iran.

Cependant, deux groupes armés pro-iraniens en Irak ont réfuté jeudi toute menace contre des intérêts américains, dénonçant des «provocations américaines».

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait effectué la semaine dernière une visite surprise à Bagdad pour, avait-il expliqué, partager avec les dirigeants irakiens «les informations qui indiquent une escalade des activités de l'Iran». Il avait déclaré avoir reçu des garanties quant à la protection des «Américains dans leur pays».

Les responsables américains ont assuré que ce rappel de diplomates n'était pas motivé par une action militaire imminente des États-Unis contre l'Iran ou ses groupes alliés, et Mike Pompeo a affirmé mardi à Sotchi, en Russie, que Washington ne cherchait «pas une guerre avec l'Iran».

Peu après la décision américaine, les armées allemande et néerlandaise ont annoncé avoir suspendu jusqu'à nouvel ordre leurs opérations de formation militaire en Irak.

Alors que le guide suprême iranien Ali Khamenei avait assuré mardi qu'il «n'y aurait pas de guerre avec les États-Unis», le président Hassan Rohani a, lui, évoqué une «guerre économique» menée par Washington.

Le Kremlin s'est pour sa part dit inquiet de cette «escalade des tensions», accusant Washington de «provoquer» Téhéran.

Embarras

Soupçonnée d'alimenter l'escalade en exagérant le niveau de la menace, l'administration Trump a plaidé mercredi la sincérité.

D'autant qu'elle a été plongée dans l'embarras par le général Chris Ghika, un porte-parole britannique de la coalition internationale, sous commandement américain, présente en Irak et Syrie pour lutter contre les djihadistes, qui a démenti mardi toute «aggravation de la menace posée par les forces pro-iraniennes».

Le Pentagone et le département d'État se sont relayés pour minimiser et contredire ses propos.

De son côté, le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt, rappelant avoir récemment évoqué l'Iran avec Mike Pompeo, a déclaré sur Twitter : «Nous partageons la même évaluation de la menace renforcée posée par l'Iran. Comme toujours nous travaillons étroitement avec les États-Unis».

Selon le New York Times, le secrétaire à la Défense Patrick Shanahan a présenté à des conseillers de Donald Trump un plan suivant lequel jusqu'à 120 000 hommes pourraient être envoyés au Moyen-Orient si l'Iran attaquait des forces américaines. Un projet démenti par le président des États-Unis, qui a toutefois prévenu : «Si nous devions le faire, nous enverrions beaucoup plus d'hommes que ça».

Autres sources de tensions, de mystérieux «actes de sabotage» de quatre navires au large des Émirats arabes unis, dont les auteurs restent inconnus, et une attaque de drones contre des stations de pompage de pétrole en Arabie saoudite qui a été revendiquée par les rebelles houthis du Yémen, soutenus par Téhéran.




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