Le général Benny Gantz, principal adversaire du premier ministre israélien aux prochaines élections, est confronté à une nouvelle fuite de propos apparemment enregistrés à son insu et potentiellement préjudiciables à sa campagne contre Benyamin Nétanyahou.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Les médias israéliens ont diffusé lundi un enregistrement de propos tenus selon eux par M. Gantz se disant prêt à entrer dans un gouvernement Nétanyahou à certaines conditions, contrairement à ses récentes déclarations publiques.

Il y dit aussi n'avoir confiance dans aucune des autres personnalités conduisant la liste centriste «Bleu-blanc» derrière lui et avec lesquelles il pourrait être appelé à gouverner si «Bleu-blanc» l'emportait.

Personne n'a contesté que c'était bien M. Gantz qui parlait. Mais Gaby Ashkenazy, un des colistiers de M. Gantz et ancien chef d'état-major comme lui, a déclaré sur la radio militaire qu'il n'y avait «pas de quoi s'émouvoir». «Il s'agit d'enregistrements anciens», a-t-il dit.

On ignore quand l'enregistrement a eu lieu.

Après avoir laissé la porte ouverte à sa participation à un gouvernement Nétanyahou, M. Gantz en a écarté l'idée récemment en raison de la menace d'inculpation pour corruption planant sur le premier ministre sortant. M. Ashkenazy a indiqué que cette ligne restait inchangée.

Dans un enregistrement diffusé la semaine dernière, on entendait M. Gantz déclarer de M. Nétanyahou que, «s'il pouvait me faire tuer, il le ferait».  

Mi-mars, M. Gantz avait demandé une enquête pour savoir comment avait été rendu public le fait que son portable avait été piraté, par les Iraniens selon la chaîne de télévision 12.

M. Gantz a admis lui-même avoir été informé par les services de sécurité que son téléphone avait été la cible de pirates informatiques.

On ignore l'origine des fuites. Mais elles ont valu à M. Gantz les accusations de «paranoïa» de la part des supporteurs du Likoud, le parti de M. Nétanyahou. Elles ont nourri les conjectures sur la présence d'une «taupe» dans la campagne du général. Et elles ont participé à la tonalité d'une campagne consistant largement à jeter l'opprobre sur l'adversaire.

«Bleu-blanc» est donné vainqueur des législatives en nombre de sièges, devant le Likoud. Mais les projections montrent que le Likoud reste mieux placé pour former une coalition de gouvernement avec les autres partis en lice.