(Amman) En tournée régionale pour obtenir un soutien à son plan de paix israélo-palestinien, le gendre du président américain, Jared Kushner, a rencontré mercredi à Amman le roi Abdallah II qui a insisté sur la solution à deux États, après un déplacement au Maroc.  

Agence France-Presse

Accompagné de son bras droit Jason Greenblatt, M. Kushner, également conseiller de Donald Trump, a été reçu mardi à Rabat par le roi Mohammed VI. Il doit après la Jordanie se rendre en Israël.

À Amman, Abdallah II a insisté devant le responsable américain sur «la nécessité de multiplier les efforts pour aboutir à une paix globale et durable fondée sur la solution à deux États (israélien et palestinien) qui garantirait l’établissement d’un État palestinien indépendant avec Jérusalem-Est pour capitale», selon un communiqué du palais.

La Jordanie, pays allié des États-Unis, est le gardien des lieux saints musulmans à Jérusalem et elle accueille selon l’ONU près de 2,2 millions de réfugiés palestiniens sur une population jordanienne de 6,6 millions.

Le roi qui maintient des contacts fréquents avec le président palestinien Mahmoud Abbas s’est référé dans sa déclaration à la «légalité internationale» c’est-à-dire les résolutions de l’ONU et «à la nécessité que les États israélien et palestinien vivent en paix côte à côte».

AP

Jared Kushner

Le processus de paix israélo-palestinien est au point mort depuis 2014. Et les dirigeants palestiniens boycottent l’administration Trump depuis qu’elle a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël en 2017.

S’il reste évasif sur le contenu de son plan, entouré du plus grand secret, Jared Kushner promet depuis plusieurs mois des idées nouvelles, soulignant que les approches traditionnelles n’avaient pas permis de parvenir à un accord.

Il refuse de dire si le plan reprendrait la «solution à deux États», ostensiblement délaissée dans les discours officiels américains depuis deux ans, en rupture avec le passé et avec le consensus international.

Conférence de Bahreïn

Outre son choix sur Jérusalem, Donald Trump a déjà pris plusieurs décisions en faveur d’Israël, comme la reconnaissance de sa souveraineté sur le Golan syrien, et a coupé les aides aux Palestiniens.

M. Kushner, qui ne cache pas son intention de susciter l’adhésion d’une partie des Palestiniens à son plan en faisant miroiter la promesse d’un véritable développement économique, sait qu’il aura besoin du soutien des pays arabes alliés des États-Unis.

Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, Donald Trump affiche sa volonté de parvenir à «l’accord ultime» entre Israéliens et Palestiniens, espérant réussir là où tous ses prédécesseurs-républicains comme démocrates-ont échoué.

La Maison-Blanche a prévu de présenter les 25 et 26 juin prochains lors d’une réunion à Bahreïn le volet économique du plan de paix.  

La Jordanie n’a pas encore annoncé si elle y prendrait part. Deux pays du Golfe, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, puissances du Golfe alliées de Washington, ont annoncé leur participation.  

Boycottage palestinien

AFP

Saëb Erakat

Les dirigeants palestiniens, eux, ne feront pas le déplacement. Ils ont fait savoir qu’ils étaient opposés à toute tentative visant à promouvoir «une normalisation économique de l’occupation israélienne de la Palestine», selon Saëb Erakat, le secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).   

Bashar al-Masri, l’un des hommes d’affaires palestiniens les plus en vue, qui a travaillé avec des partenaires internationaux et en coopération avec Israël pour investir 1,4 milliard de dollar dans la construction de la nouvelle ville palestinienne de Rawabi, a lui aussi décliné l’invitation à la conférence.

Pour la présidence américaine, cette conférence est avant tout une opportunité pour «encourager le soutien à des investissements et initiatives économiques potentiels qui pourraient être rendus possibles par un accord de paix».

Intitulé «De la paix à la prospérité», le rendez-vous de Bahreïn doit réunir, outre des responsables gouvernementaux, des représentants de la société civile et du monde des affaires.