(Téhéran) Téhéran pourrait «réagir» mercredi au retrait des États-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien en annonçant des «mesures de réciprocité», a rapporté lundi l’agence semi-officielle iranienne Isna.

Agence France-Presse

La date de mercredi marque le premier anniversaire du retrait américain unilatéral de ce pacte, annoncé le 8 mai 2018 par le président Donald Trump.

Citant des «sources informées», Isna écrit que le président iranien Hassan Rohani «annoncera probablement» ce jour-là des «mesures de réciprocité».

Le reste de l’article ne comporte pas de sources.

L’agence écrit qu’il s’agira de la «première étape» d’un «plan graduel de mise en œuvre de mesures de réciprocité contre le retrait» américain de l’accord conclu à Vienne en juillet 2015 et face à «l’échec des Européens à tenir leurs engagements».

«La voie de la diplomatie est ouverte», ajoute l’agence, selon laquelle «ces mesures graduelles sont une nouvelle occasion» de «corriger la voie mauvaise de l’unilatéralisme» choisie par Washington.

L’accord sur le nucléaire iranien a été conclu entre l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni), plus l’Allemagne.

«Les autorités de l’Union européenne, qui depuis un an se sont contentées de faire des promesses non tenues, ont été informées officieusement de cette décision», ajoute l’agence, sans préciser le contenu des mesures qui pourraient être annoncées.

Isna indique néanmoins que ces mesures seraient prises conformément aux articles 26 et 36 de l’accord de Vienne et qu’elles seraient compatibles avec le maintien de l’Iran au sein de ce pacte.

Ces deux articles ouvrent la possibilité pour l’Iran de cesser de respecter tout ou partie de ses engagements pris dans le cadre de ce texte en cas de manquement des États-Unis ou des autres parties à l’accord.

Par ce texte, validé par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, Téhéran a obtenu la levée d’une partie des sanctions internationales visant le pays. En échange, l’Iran a accepté de limiter drastiquement son programme nucléaire et s’est engagé à ne jamais chercher à se doter de l’arme atomique.

M. Trump a justifié le retrait de son pays et le rétablissement des sanctions américaines en affirmant que ce texte n’était, à ses yeux, pas assez contraignant pour l’Iran.

Les Européens ont essayé jusque-là, en vain, de donner à Téhéran des garanties lui permettant de contourner les sanctions américaines, qui frappent durement l’économie iranienne.