Des milliers d'Israéliens ont manifesté dimanche, notamment à Tel-Aviv, contre une loi excluant les couples de même sexe du droit de recourir à la gestation pour autrui (GPA).

AGENCE FRANCE-PRESSE

La police n'a pas donné de chiffres sur le nombre de manifestants mais le quotidien Haaretz a évoqué la présence de quelque 60 000 personnes sur la place Yitzhak Rabin à Tel-Aviv.

L'appel aux manifestations et à une grève dimanche a été lancé après le vote mercredi par le Parlement d'une loi autorisant le recours à une mère porteuse pour les femmes célibataires ou stériles, mais l'interdisant aux couples de même sexe et aux hommes célibataires.

Auparavant, ce droit n'était accordé en Israël qu'aux couples hétérosexuels mariés.

Une des principales artères de Tel-Aviv a été bloquée dimanche pendant vingt minutes par des centaines de manifestants. Dans le centre de Jérusalem, la circulation a également été bloquée par des protestataires dont deux ont été arrêtés.

Quelque 200 entreprises ont annoncé qu'elles permettaient à leurs employés qui le souhaitent de ne pas travailler pour aller manifester sans que cette journée soit retranchée de leurs vacances.

«C'est une mesure symbolique, mais qui exprime un réel soutien», a affirmé Julien Bahloul, porte-parole de l'Association des pères homosexuels d'Israël.

«Nous demandons l'égalité pour la communauté LGBT», a affirmé Chen Arieli, présente sur la place Yitzhak Rabin à Tel-Aviv. Selon elle, les protestataires ne manifestent pas uniquement pour la GPA, mais pour la sécurité des personnes homosexuelles dans la rue.

En 2015, une adolescente de 16 ans avait été poignardée à mort par un juif ultra-orthodoxe lors de la Fierté gaie.

Plusieurs entreprises ont par ailleurs annoncé qu'elles étaient prêtes à contribuer à hauteur de l'équivalent de plus 20 000 $ CAN  aux frais engagés par les couples homosexuels contraints de recourir à la GPA à l'étranger.

Selon M. Bahloul, les couples homosexuels souhaitant avoir des enfants doivent trouver une mère porteuse aux États-Unis ou au Canada, ce qui revient à plus de 130 000 dollars alors que si la GPA était autorisée en Israël, la coût serait deux fois moindre.

Israël est considéré comme un pays pionnier en termes de droits des gais et lesbiennes, mais l'homosexualité demeure un tabou dans les milieux religieux, très influents au sein du gouvernement de Benyamin Nétanyahou, considéré comme le plus à droite de l'histoire de l'État hébreu.

Le député d'opposition Ofer Shelah a affirmé dimanche avoir réuni suffisamment de signatures de parlementaires pour forcer le Premier ministre à venir s'expliquer devant le Parlement sur la loi controversée.

Selon la chaîne de télévision publique 11, la Cour suprême israélienne doit examiner dans les jours qui viennent une requête de deux couples d'hommes contre la loi.