Une quinzaine de talibans ont été tués mardi dans une attaque attribuée au groupe État islamique visant des funérailles dans le nord de l'Afghanistan, ont annoncé les autorités locales.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Les deux groupes insurgés, en concurrence depuis l'apparition de l'EI dans l'Est du pays en 2015, se livrent depuis deux mois des combats féroces dans le Nord, en particulier dans les provinces de Jawzjan, frontalière de l'Ouzbékistan, et Sar-e-Pul, plus au Sud.

Selon le chef de la police de Sar-e-Pul, Abdul Qayum Baqizoi, « deux combattants de l'EI armés de fusils et de grenades ont attaqué la maison où se tenaient les funérailles en tirant sur les talibans. Quinze sont morts, dont un commandant, et cinq ont été blessés ».

L'attaque s'est produite en fin de matinée dans le district de Sayad, limitrophe de la province de Jawzjan, et les deux assaillants ont pris la fuite, a-t-il précisé.

« Daesh (acronyme arabe de l'EI, usité en Afghanistan) et les talibans se battent depuis plus de deux mois à Jawzjan et Sar-e-Pul, ils se sont entretués par centaines », a affirmé le porte-parole du gouverneur provincial Zabiullah Amani, qui a confirmé le bilan de l'attaque de mardi.

L'EI a commencé à s'établir dans la province de Jawzjan au cours de l'été 2017, suite au départ du patron de la région, le chef de guerre et vice-président afghan, le général Adbul Rashid Dostum.

Accusé de viol sur un rival, Dostum a gagné la Turquie en mai 2017, officiellement pour raisons de santé.

Des combattants étrangers, y compris des Français, ont alors commencé d'affluer dans la région pour rejoindre les nouvelles bases de l'EI via l'Asie centrale notamment.

Les 17 et 18 juin, en plein cessez-le-feu entre les talibans et les forces gouvernementales, l'EI avait revendiqué deux attentats-suicides à Jalalabad, dans l'Est, faisant au total plus de 50 morts et une centaine de blessés, dont de nombreux talibans.