Deux personnes ont été tuées dans le sud de l'Irak dans la nuit de vendredi à samedi au cours d'un mouvement de contestation sociale qui gagne du terrain dans le pays, y compris à Bagdad.

Publié le 14 juill. 2018
AGENCE FRANCE-PRESSE

Les deux manifestants ont «été tués par balles» dans la province méridionale de Missane, à la frontière avec l'Iran, a indiqué le porte-parole des services de secours provinciaux, Ahmad al-Kanani.

Ces décès portent à trois le nombre de morts depuis le début du mouvement de contestation sociale.

Les protestations dénonçant la déliquescence des services publics ainsi qu'un chômage endémique ont débuté dans la province de Bassora (sud) il y a six jours, les habitants criant leur colère contre l'incurie des autorités dans cette région pourtant riche en pétrole. La mort d'un manifestant dans la ville de Bassora dimanche dernier a exacerbé la grogne.

Face à cette mobilisation, le premier ministre irakien Haider al-Abadi s'est rendu vendredi à Bassora pour tenter de calmer le mouvement, mais en vain.

Les manifestations se sont poursuivies dans cette ville et sa province, s'étendant même à plusieurs régions d'Irak dont Bagdad.

Samedi, des dizaines de protestataires se sont ainsi rassemblés dans plusieurs quartiers de Bassora, y compris près de champs pétroliers à l'ouest de la ville, du siège des autorités provinciales et du port, selon un correspondant de l'AFP.

La veille, les protestataires avaient scandé «les voleurs nous pillent» en brandissant des drapeaux irakiens, en référence au gouvernement.

À Amara, chef-lieu de la province de Missane, de nombreux rassemblements ont eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi lieu devant le siège de partis politiques. Certains ont été incendiés ont rapporté des médias irakiens.

C'est au cours de ces manifestations que deux personnes ont été tuées dans des circonstances qui n'ont pas été clairement établies.

Une petite manifestation a également eu lieu après minuit dans le quartier d'Al-Choula dans le nord de Bagdad, a indiqué une source de sécurité à l'AFP. Des manifestants étaient toujours dans les rues samedi dans la matinée, a ajouté cette source en précisant que le rassemblement était pacifique.

Des appels à une grande manifestation à Bagdad circulaient samedi sur les réseaux sociaux.