L'Iran prévient qu'il ne négociera «avec personne» sur ses missiles

Le président iranien Hassan Rohani.... (PHOTO ATTA KENARE, ARCHIVES AFP)

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Le président iranien Hassan Rohani.

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Agence France-Presse
Téhéran

L'Iran a prévenu mardi qu'il ne comptait négocier «avec personne» sur ses capacités militaires, en particulier sur ses missiles balistiques, à l'heure où les États-Unis font pression sur les Européens pour tenter d'interdire les programmes de Téhéran dans ce domaine.

«À propos de nos moyens défensifs, avions, missiles ou encore sous-marin, notre engagement vis-à-vis du monde (...) c'est que nous ne cherchons pas à avoir des armes de destruction massive. Mais nous ne négocierons avec personnes sur nos armes», a dit le président iranien Hassan Rohani lors d'une conférence de presse.

M. Rohani, qui s'exprimait à l'occasion des commémorations de la victoire de la Révolution islamique de 1979, a rappelé la position de la République islamique selon laquelle l'Iran ne produit des armes que pour se défendre.

«Les missiles iraniens n'ont jamais été offensifs et ne le seront pas. Ils (...) ne sont pas destinés à des armes de destruction massive, car, de toute façon, nous ne possédons pas de telles armes», qui sont «immorales et contraires à l'islam», a-t-il ajouté.

La question des missiles balistiques iraniens est au coeur de tensions entre Téhéran et les Occidentaux.

La résolution 2231 du Conseil de sécurité de l'ONU de juillet 2015, adoptée au lendemain de l'accord sur le nucléaire iranien conclu entre Téhéran et les Six (Allemagne, Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie) dit que «l'Iran est tenu de ne mener aucune activité liée aux missiles balistiques conçus pour pouvoir emporter des armes nucléaires, y compris les tirs recourant à la technologie des missiles balistiques». Elle mentionne une période pouvant aller jusqu'à huit ans.

Les États-Unis estiment que les tirs d'essais de missiles menés régulièrement par Téhéran sont des «violations» de cette résolution et de l'accord sur le nucléaire. Téhéran dément en faisant valoir que ces tirs ne posent pas de problème dans la mesure où l'Iran a renoncé officiellement par cet accord à se doter de l'arme atomique.

Tirs «non conformes»

La France, qui met en avant sa volonté d'amener Téhéran à négocier sur ses missiles et sur l'influence ou le rôle de l'Iran dans plusieurs conflits régionaux (Irak, Syrie, Yémen, dossier israélo-palestinien), estime que ces essais balistiques sont «non conformes» à la résolution.

Présenté par ses partisans comme le meilleur moyen d'empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique, l'accord sur le nucléaire iranien est remis en cause par Washington depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump il y a un an.

«Je suis satisfait que Trump, après un an de présence à la Maison-Blanche, n'ait toujours pas réussi à déchirer l'accord nucléaire comme il l'avait dit» pendant sa campagne, a indiqué M. Rohani.

«L'accord nucléaire est si solide qu'il a résisté pendant un an aux pressions américaines», a-t-il ajouté, tout en relevant le regain d'incertitude - néfaste pour les investissements étrangers en Iran- que font peser les dernières menaces de l'administration Trump sur l'accord.

Donald Trump a lancé mi-janvier un ultimatum aux Européens, affirmant qu'il retirerait son pays de l'accord en mai si ceux-ci ne parviennent pas à l'aider à en durcir les termes pour le rendre plus contraignant pour Téhéran.

Mais Hassan Rohani a répété le refus de son pays de renégocier un texte conclu à l'issue de longues et âpres discussions: «Cela ne rime à rien», a-t-il dit.

«La clé du problème entre Téhéran et Washington est entre les mains de Washington. (Les États-Unis) doivent cesser leurs menaces, leurs sanctions et leurs pressions, et le climat entre les deux pays changera automatiquement», a estimé M. Rohani.

Les deux capitales ont rompu leurs relations diplomatiques en 1980 à la suite de la prise d'otages à l'ambassade des États-Unis à Téhéran par de jeunes révolutionnaires iraniens.

Interrogé par ailleurs sur la Syrie, Hassan Rohani a dénoncé l'offensive militaire que la Turquie mène depuis le 20 janvier dans le nord-ouest du pays contre des bastions kurdes.

«Nous aimerions qu'elle prenne fin le plus rapidement possible», a-t-il dit, estimant qu'elle n'apportait «aucun résultat».

M. Rohani a néanmoins loué les «bonnes relations» qu'entretient selon lui l'Iran avec la Turquie et la Russie.

Moscou et Téhéran, soutiens du pouvoir syrien de Bachar al-Assad, et Ankara, soutien de l'opposition, parrainent un processus de règlement du conflit syrien qui semble actuellement au point mort.




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