La garde à vue de deux Palestiniennes, qui comparaissaient jeudi devant un tribunal militaire israélien après la diffusion d'une vidéo devenue virale montrant des soldats israéliens qu'elles avaient pris à partie en Cisjordanie occupée, a été prolongée jusqu'à lundi, selon des sources militaires.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Cette prolongation a été décidée à l'encontre de Nariman Tamimi (43 ans) et de Nour Naji Tamimi (21 ans), deux des protagonistes d'une vidéo qui a fait le tour des réseaux sociaux et des médias israéliens et palestiniens.

«Leur libération était susceptible de porter atteinte à l'enquête», a-t-on ajouté de mêmes sources.

Le tribunal militaire d'Ofer, près de Ramallah en Cisjordanie occupée, avait déjà prolongé mercredi la détention d'Ahed Tamimi, fille de Nariman et cousine de Nour Naji, jusqu'à lundi.

Ahed Tamimi, la plus agressive sur la vidéo, est accusée d'avoir attaqué un soldat, nui à la sécurité dans le secteur et incité à la haine, selon le tribunal.

Les images tournées le 15 décembre dans le village de Nabi Saleh près de Ramallah en Cisjordanie occupée, apparemment avec un téléphone portable, montrent Nour Naji Tamimi et Ahed Tamimi s'approcher de deux soldats israéliens appuyés sur un muret, les bousculer, puis leur donner des coups de pied et de poing et des gifles. Nariman Tamimi intervient dans le remue-ménage, cherchant apparemment à s'interposer et à repousser les soldats de la cour de sa maison.

Les soldats, armés et casqués, demeurent impassibles, puis s'éloignent à reculons.

Les trois Palestiniennes ont été arrêtées cette semaine.

La police israélienne a décidé d'arrêter Ahed Tamimi non seulement à cause de l'incident du 15 décembre, mais aussi pour des faits antérieurs dont elle est soupçonnée, comme des jets de pierres et des agressions contre les soldats, a dit le tribunal.

Les Tamimi se veulent à la pointe de la contestation à Nabi Saleh, théâtre fréquent de manifestations contre l'occupation israélienne et de heurts.

Des proches des Tamimi ont expliqué la prise à partie des soldats par les tensions créées par des heurts en cours au même moment à Nabi Saleh, et par la nervosité suscitée chez les habitants par la présence de soldats jusque dans la cour de leur maison.

La famille a aussi invoqué l'émoi causé par le fait qu'un de ses membres avait été gravement blessé à la tête par une balle en caoutchouc israélienne lors des heurts.

Du côté palestinien, l'incident avec les soldats puis les images de l'arrestation d'Ahed Tamimi sont allés abonder l'iconographie illustrant la résistance à l'occupation et les abus de l'armée israélienne.

Côté israélien, les deux soldats ont été généralement félicités pour leur retenue. Mais de nombreux internautes et certaines personnalités se sont demandé si les jeunes filles n'auraient pas dû être arrêtées sur-le-champ, et si les soldats étaient à ce point préoccupés par l'image de l'armée qu'ils acceptaient sans réagir ce qui ressemblait à une humiliation.