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L'émir du Qatar s'apprête à confier le pouvoir à son fils

Le Cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani (à gauche)... (PHOTO: KARIM SAHIB/MOHAMMED AL-SHAIKH, AFP)

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Le Cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani (à gauche) et son fils cheikh Tamim ben Hamad Al Khalifa (à droite).

PHOTO: KARIM SAHIB/MOHAMMED AL-SHAIKH, AFP

Agence France-Presse
DOHA, Qatar

L'émir du Qatar s'apprête à confier à son fils le pouvoir dans ce richissime émirat gazier à la diplomatie internationale très active, qui s'est particulièrement illustrée depuis le début du Printemps arabe.

Cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani «s'est réuni avec la famille régnante et les notables, et les a informés de sa décision de remettre le pouvoir au prince héritier, cheikh Tamim ben Hamad Al Khalifa», a indiqué la chaîne Al-Jazeera.

L'émir doit prononcer mardi à 8H00 (1H00 heure de Montréal) un discours à la nation, a indiqué le palais dans un communiqué, ajoutant que mardi serait un jour de congé officiel.

Le souverain de ce petit État du Golfe, qui joue depuis des années un rôle prépondérant sur la scène diplomatique arabe et internationale, doit soit abdiquer en faveur de son fils, soit le nommer premier ministre, selon des sources concordantes.

Si l'émir annonce son abdication, il s'agira d'une première dans ce pays et dans l'histoire récente du monde arabe, où aucun souverain n'a jamais renoncé au pouvoir de son plein gré.

Mais il pourrait également décider de transférer le pouvoir graduellement à son fils, cheikh Tamim, en le nommant premier ministre à la place du puissant cheikh Hamad ben Jassem ben Jabr Al Thani, qui occupe ce poste depuis 2007.

Pays le plus riche au monde en termes de PIB par habitant, le Qatar s'est imposé au fil des dernières années comme un acteur majeur sur l'échiquier régional et mondial, tant au plan diplomatique qu'économique.

Sa puissance financière lui a permis notamment d'investir massivement dans les domaines de l'hôtellerie et du sport et de mettre la main sur le club de football français emblématique du PSG.

Son rôle est aussi amplifié par sa chaîne satellitaire Al-Jazeera.

Doha bruisse de rumeurs depuis plusieurs semaines sur un prochain départ du premier ministre et d'importants changements à la tête du pays.

Des responsables qataris et des diplomates avaient indiqué à l'AFP à la mi-juin que l'émir se préparait à transférer le pouvoir à son fils dans ce pays qui a encouragé le Printemps arabe.

«Encourager la nouvelle génération»

«L'émir est convaincu qu'il doit encourager la nouvelle génération. Il compte transférer le pouvoir au prince héritier, cheikh Tamim, et effectuer un remaniement ministériel pour nommer un grand nombre de jeunes au conseil des ministres», avait indiqué à l'AFP un responsable qatari qui a requis l'anonymat.

«En organisant lui-même sa succession et dans de bonnes conditions, cheikh Hamad veut aussi répondre à certaines critiques visant le Qatar sur le ''vous êtes une autocratie et vous ne voulez du Printemps arabe que chez les autres''. Tel qu'on le comprend, il veut montrer un exemple de transition réussie et en douceur chez lui», a pour sa part indiqué une source diplomatique française.

Selon Neil Partrick, analyste spécialisé dans les pays du Golfe, le prince héritier «a déjà la responsabilité de plusieurs dossiers sensibles de politique étrangère», et il «ne devrait pas décider de changements importants sans consulter son père».

L'émir, né en 1952 et arrivé au pouvoir en 1995 par une révolution de palais, est l'artisan du Qatar moderne et a fait de cet État un acteur incontournable sur la scène internationale.

Né en 1980, cheikh Tamim, deuxième fils de l'émir et de cheikha Moza, sa deuxième épouse, est le commandant en chef adjoint des forces armées.

Il préside le comité olympique et contrôle l'important dossier du Mondial-2022 de soccer que ce pays doit accueillir.

Au cours des trois dernières années, l'émir lui a progressivement confié les dossiers de l'armée et de la sécurité, selon une source diplomatique.

Quant au premier ministre, cheikh Hamad ben Jassem ben Jabr Al-Thani, il a joué un rôle important dans la politique étrangère volontariste du Qatar, qui a participé à l'intervention armée en Libye et soutient activement les rebelles contre le régime du président syrien Bachar al-Assad.

Un responsable qatari qui a requis l'anonymat a exclu que son rôle soit terminé, estimant «qu'il demeurera influent du moins en coulisse et dans le dossier des investissements du Qatar à l'étranger».




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