Le prince Harry doit avoir «un problème mental», ont estimé mardi les rebelles talibans après ses propos faisant un parallèle entre l'exercice de tir depuis son hélicoptère en Afghanistan et les jeux vidéo.

Publié le 22 janv. 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Il y a 49 pays avec leur armement puissant qui n'arrivent pas à défaire les moudjahidines, et maintenant, le prince arrive et compare cette guerre avec ses jeux, sa PlayStation ou peu importe comment il les appelle», a ironisé Zabiullah Mujahid, leur porte-parole, dans un entretien avec l'AFP.

Lundi soir, le ministère britannique de la Défense a annoncé que le prince Harry avait quitté l'Afghanistan au terme de 20 semaines de déploiement.

L'agence britannique Press Association (PA), qui l'avait interrogé pendant son affectation afghane, et qui retenait depuis lors l'interview pour des questions de sécurité, a publié les propos de celui qui, sur le terrain, était appelé «Capitaine Wales», son nom de famille dans l'armée.

Questionné sur son rôle de copilote-artilleur à bord d'hélicoptère Apache, le prince Harry a ainsi parlé de «joie», «car je suis l'une de ces personnes qui adore jouer à la PlayStation et la Xbox, donc j'aime penser que je suis probablement assez utile avec mes pouces», ajoutant avoir tué depuis son cockpit.

«C'est une guerre sérieuse, une guerre historique, de résistance pour nous et notre peuple», a réagi Zabiullah Mujahid.

«Nous ne prenons pas ses commentaires très au sérieux, car nous avons tous vu et entendu qu'à leur retour d'Afghanistan, beaucoup de soldats étrangers, d'occupants, développent des problèmes mentaux», a poursuivi le porte-parole des talibans.

L'armée américaine avait estimé que 20 à 30 % de ses soldats qui avaient combattu en Irak ou en Afghanistan en étaient rentrés atteints de troubles psychologiques plus ou moins graves.

Le prince Harry, qui avait déjà servi 10 semaines en Afghanistan en 2007-2008, était arrivé début septembre à Camp Bastion, une base majeure du Helmand, la province la plus instable d'Afghanistan, située dans le sud de ce pays.

Une semaine plus tard, le 15 septembre, jour de son anniversaire, les talibans menaient une attaque de grande ampleur contre Camp Bastion, selon eux pour protester contre un film américain antiislam qui avait embrasé plusieurs pays musulmans et non contre le prince Harry.

Deux marines américains étaient tués durant l'opération, qui causait les dégâts matériels les plus énormes en 11 années de conflit afghan : six avions de combat américains détruits, deux fortement endommagés, trois postes de ravitaillement détruits et six hangars atteints.

«Nous avons toujours tenu le prince à l'oeil, mais nos services secrets nous ont montré qu'il était la plupart du temps maintenu en sécurité dans des endroits souterrains surveillés», a remarqué M. Mudjahid.

«À un moment, quand nos moudjahidines ont attaqué l'aéroport, nous étions conscients de sa présence, mais il a été promptement mis dans un avion et déplacé», a-t-il avancé.