Le premier ministre israélien a rejeté mardi les critiques internationales des projets de colonisation de son gouvernement à Jérusalem-Est, affirmant que la construction se poursuivrait comme prévu.

Ian Deitch ASSOCIATED PRESS

Benyamin Nétanyahou a fait cette déclaration alors que les diplomates européens discutaient d'un projet de résolution au Conseil de sécurité de l'ONU pour condamner la politique de colonisation israélienne. Cette condamnation s'inscrirait dans la vague de réactions internationales outrées face aux projets du gouvernement israélien de construire des logements sur des territoires revendiqués par les Palestiniens pour leur futur État.

«Jérusalem est la capitale éternelle de l'État d'Israël, et nous continuerons à construire», a dit M. Nétanyahou mardi lors d'une visite à Acre, dans le nord d'Israël. Il a déclaré que les Israéliens croyaient majoritairement en un «Jérusalem unifié», en référence à la partie ouest de la ville, à majorité juive, et à sa partie est, prise à la Jordanie et annexée par Israël, mais revendiquée par les Palestiniens.

Un sondage mené par l'agence Dahaf, publié mardi dans le quotidien israélien «Haaretz», montre que 67 pour cent des électeurs de centre-gauche ne sont pas favorables à la division de Jérusalem, et donc à la cession de Jérusalem-Est aux Palestiniens.

Environ la moitié des électeurs israéliens s'identifient au centre-gauche et soutiennent par ailleurs la cession de la majorité de la Cisjordanie aux Palestiniens. L'autre moitié des Israéliens s'opposent à toute concession territoriale.

L'agence Dahaf n'a pas précisé sa méthodologie et la marge d'erreur de son sondage.

Quelque 250 000 Palestiniens et 200 000 Juifs vivent à Jérusalem-Est.



Washington «profondément déçu»


Les États-Unis ont fermement dénoncé mardi l'intention d'Israël d'approuver la construction de 5000 nouveaux logements à Jérusalem-Est, estimant que cela allait «à l'encontre de la cause de la paix».

«Nous sommes profondément déçus qu'Israël persiste à poursuivre ce schéma d'actions de provocation», a lancé la porte-parole du département d'État américain, Victoria Nuland, dans une déclaration plus ferme qu'à l'habitude à ce sujet.

«Les responsables israéliens répètent sans cesse qu'ils soutiennent la voie vers une solution à deux États, mais ces actions ne font que mettre un peu plus en danger cet objectif», a-t-elle poursuivi.

L'État hébreu est sur le point d'approuver de nouveaux projets de construction massifs dans des quartiers de colonisation à Jérusalem-Est, partie occupée par Israël, malgré les critiques internationales.

«Deux projets prévoyant la construction de 549 et 813 logements dans le quartier de Givat Hamatos (sud de Jérusalem) doivent être examinés aujourd'hui (mardi) par la commission de planification du district de Jérusalem», a déclaré à l'AFP Hagit Ofran, spécialiste du dossier des colonies au groupe La Paix Maintenant.

Mercredi, les autorités municipales doivent donner leur approbation finale à un autre projet de construction de 2610 logements à Givat Hamatos. Le lendemain, la commission de planification discutera de la construction de 1100 logements supplémentaires dans le quartier de colonisation de Gilo (sud) et se retrouvera le 7 janvier pour étudier la mise en chantier d'un millier de chambres d'hôtel à Givat Hamatos.

«Nous ne sommes pas dans un cercle constructif ici. Nous devons briser ce cercle, mettre fin aux actions de provocation et ramener toutes les parties à la table des négociations», a souligné Mme Nuland. «Nous ne pourrions désirer plus cela que les parties elles-mêmes», a-t-elle insisté.

Israël considère Jérusalem comme sa capitale «unifiée et indivisible». Mais la communauté internationale ne reconnaît pas l'annexion en 1967 de la partie orientale de Jérusalem, où les Palestiniens veulent établir la capitale de l'État auquel ils aspirent.