Washington et Londres ont clairement soutenu le droit d'Israël à se défendre contre le Hamas qu'ils estiment responsables de l'escalade de la violence dans la bande de Gaza, la Russie jugeant, quant à elle, que les raids israéliens étaient une réaction «disproportionnée» aux tirs de roquettes du Hamas considérés également comme «inacceptables».

Publié le 15 nov. 2012
AGENCE FRANCE-PRESSE

Dans le monde arabe en revanche les réactions condamnaient unanimement Israël. L'Iran et l'Organisation de la conférence islamique (OCI) ont appelé l'ONU à intervenir pour faire cesser l'opération militaire israélienne.

Les États-Unis et la Grande-Bretagne, de même que la France et la Russie, ont appelé à éviter une escalade des combats et exhorté les deux parties à la retenue.

Le président américain Barack Obama avait appelé mercredi le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou à faire «tous les efforts possibles pour éviter des victimes civiles» mais a soutenu le droit d'Israël à se défendre contre les attaques du Hamas.

MM. Obama et Nétanyahou «sont d'accord sur le fait que le Hamas doit cesser ses attaques contre Israël pour permettre une désescalade de la situation», a précisé jeudi la Maison-Blanche, jugeant qu'il n'y avait «aucune justification pour la violence» du mouvement islamiste palestinien.

Le Premier ministre britannique David Cameron a fait part jeudi à son homologue israélien de son «extrême inquiétude» concernant la violence à Gaza et lui a demandé de tout faire pour éviter des victimes civiles. Son chef de la diplomatie William Hague avait auparavant considéré que le Hamas est «le principal responsable de la crise actuelle» à Gaza et en Israël.

La France, elle, s'abstenait de désigner un responsable. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a déclaré jeudi qu'il était «temps d'arrêter cette escalade dangereuse», ajoutant que Paris avait engagé une «intense activité diplomatique» pour faire baisser la tension.

Le président français François Hollande s'est ainsi entretenu dans la journée avec le président égyptien Mohamed Morsi pour évoquer la situation en Israël et Gaza, lui d'exprimer «la vive préoccupation de la France» et appeler «à la retenue» pour éviter une escalade. M. Hollande «a souligné le rôle que pouvait jouer l'Egypte pour diminuer les tensions, selon un communiqué de la présidence.

La Russie a, elle, estimé que les raids aériens d'Israël sur la bande de Gaza étaient une réaction «disproportionnée» aux attaques également «inacceptables» du Hamas. Le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov s'est dit «très préoccupé» par l'escalade des violences. Le président Vladimir Poutine, qui s'est entretenu par téléphone avec M. Nétanyahou, a appelé les deux parties à éviter l'escalade de la violence.

L'Egypte, qui joue habituellement un rôle d'intermédiaire entre Israël et le Hamas, a jugé inacceptable l'«agression» israélienne, par la voix de son président Mohamed Morsi, et a rappelé son ambassadeur en Israël. Le Caire a demandé aux États-Unis d'intervenir «immédiatement» auprès d'Israël pour qu'il cesse ses raids aériens.

Un porte-parole de la présidence égyptienne a annoncé jeudi que le Premier ministre Hicham Qandil se rendrait vendredi dans la bande de Gaza, «pour exprimer notre soutien au peuple palestinien et voir quels sont ses besoins».

De son côté, Washington a demandé à l'Egypte «d'user de son influence dans la région pour permettre une désescalade de la situation».

L'envoyé spécial du Quartette (ONU, UE, Etats-Unis, Russie) pour le Proche-Orient, Tony Blair, a appelé le Hamas à cesser ses tirs de roquettes sur Israël et estimé que l'Egypte pouvait jouer un «rôle constructif» dans la résolution de la crise.

«Si le feu des roquettes continue depuis Gaza, en direction des villes et des villages israéliens, les représailles s'amplifieront», a prévenu l'ancien Premier ministre britannique sur la chaîne de télévision Sky News.

L'OCI a qualifié les raids israéliens contre la bande de Gaza d'«attaques contre la nation islamique dans son ensemble». Le conseil des ministres des Affaires étrangères de l'OCI a appelé «le Conseil de sécurité de l'ONU à assumer ses responsabilités pour protéger la paix et la sécurité internationales», avertissant que «la tentative de ré-envahir la bande de Gaza» par l'armée israélienne «conduira la région au bord de l'explosion».

L'Iran a, lui aussi, lancé un appel à l'ONU, de même qu'à l'Union européenne, à faire cesser l'offensive «barbare» menée par Israël contre les groupes armés palestiniens de Gaza, qualifiant l'opération de «terrorisme organisé».

Pour le Premier ministre du Qatar, Hamad Ben Jassem Al-Thani, l'État hébreu ne devrait pas rester dans l'impunité tandis que la Syrie a condamné les «crimes affreux et sauvages que commet l'armée ennemie d'Israël contre notre peuple arabe palestinien».

Le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu a, de son côté, qualifié l'opération israélienne de «crime contre l'humanité».

En raison de l'escalade des tension, une visite du président tchèque Vaclav Klaus en Israël, prévue à partir de dimanche, a été annulée.