Des militants pro-palestiniens de 22 pays ont prévu de se retrouver «jeudi ou vendredi» au large de la Crète (sud de la Grèce) pour partir livrer de l'aide humanitaire à Gaza à bord d'une flottille d'une dizaine de bateaux, ont indiqué les organisateurs lundi à Athènes.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Jeudi ou vendredi, neuf ou dix bateaux doivent se rejoindre au large de l'archipel libyen (à proximité de la Crète), nous espérons bien que les autorités grecques malgré les pressions d'Israël et des autres pays ne vont pas nous empêcher de partir», a déclaré lundi Vaguélis Pissias, un des responsables grecs de cette initiative, à la presse à Athènes.

Les organisateurs de cette «flottille de la liberté» ont dénoncé «des obstacles administratifs provenant des autorités grecques» qui sont selon eux «sous pression d'Israël», au cours de la conférence de presse à laquelle participaient des responsables des délégations internationales participant à cette initiative.

Certains des bateaux de la flottille, dont deux cargos transportant trois mille tonnes d'aide humanitaire (médicaments, ambulance, ciment), partiront de divers ports grecs, d'autres vont traverser les eaux grecques et se rencontrer au large, selon les organisateurs.

Le cabinet de sécurité israélien a ordonné lundi à la marine de stopper cette flottille internationale, mais en évitant des confrontations avec les militants pro-palestiniens à bord.

La plupart des pays concernés, les États-Unis, mais aussi la France ou la Grèce, ont déconseillé toute participation à leurs ressortissants.

Rassemblant cette année 350 militants de la cause palestinienne, des députés français, suédois, norvégiens et espagnols, des artistes, des écrivains, dont l'auteur de polars suédois Henning Mankell, ainsi que 30 à 50 journalistes, cette initiative qui se veut pacifique pour briser le blocus de Gaza imposé depuis cinq ans par Israël, se reproduit pour la deuxième année consécutive.

En mai 2010, une première tentative d'approcher de Gaza (territoires palestiniens) a coûté la vie à neuf personnes après l'assaut sanglant de la marine israélienne contre le ferry turc Mavi Marmara, qui servait de navire amiral à la flottille.

La flottille cette année comprend deux bateaux français, un navire italien, un irlandais, un espagnol, un canadien, un américain, deux gréco-suédo-norvégiens, dont un cargo, et un cargo de la diaspora palestinienne.

«Israël ne peut pas ordonner aux pays européens quel bateau peut naviguer ou non», a indiqué Thomas Sommer-Houdeville, représentant français de la flottille française au sein de l'association «un bateau pour Gaza».

Pour sa part, Ann Wright, membre de la délégation des États unis à bord du bateau américain «Audacity of hope», a souligné que «nous sommes là pour défier la politique des États-Unis et d'Israël (...) et nous opposer aux efforts diplomatiques d'Israël d'empêcher la flottille».

Israël sur le pied de guerre

Le cabinet de sécurité israélien s'est réuni lundi à Jérusalem pour examiner les moyens de stopper la flottille internationale transportant de l'aide humanitaire à Gaza qui doit prendre la mer dans les prochains jours, selon les médias israéliens.

Ce cabinet de sécurité, qui regroupe la moitié du gouvernement, avait déjà délibéré dimanche à ce sujet. Aucune information officielle n'a filtré.

«Hier (dimanche), les ministres ont décidé de ne pas autoriser les bateaux à jeter l'ancre à Gaza, même s'ils seront autorisés à décharger leur cargaison à Ashdod (port israélien) ou dans le port égyptien d'El-Arish», a affirmé la radio militaire.

«Si aucune arme ou munition n'est trouvée, la cargaison sera transférée dans sa totalité à Gaza», a ajouté la radio.

La radio publique a indiqué que l'Égypte avait déjà accepté que les bateaux accostent au port d'El-Arish, situé à quelque 50 kilomètres à l'ouest de la frontière égyptienne avec Gaza.

«Nos forces sont prêtes à arrêter la flottille et à empêcher les bateaux d'atteindre Gaza», a déclaré une source politique au quotidien gratuit Israël Hayom, proche du premier ministre Benjamin Netanyahu.

Tout comme Israël et les États-Unis, l'ONU s'est opposée à cette flottille, le secrétaire général Ban Ki-moon ayant «écrit aux gouvernements concernés pour qu'ils usent de leur influence pour décourager les flottilles qui représentent un potentiel d'escalade dangereuse».