Un groupe de Canadiens, dont quatre Québécois, ont pris l'avion, dimanche, pour se joindre aux membres de la Flottille de la liberté II, qui doit apporter de l'aide aux Palestiniens de la bande de Gaza.

Benjamin Shingler LA PRESSE CANADIENNE



Le groupe devrait se réunir en Grèce, lundi, et prendre place dans un ensemble de petits navires battant pavillon de plusieurs pays et devant larguer les amarres au cours des prochains jours.

Cependant, Israël a indiqué qu'il empêcherait ces embarcations de se rendre jusqu'à Gaza, qui fait l'objet d'un blocus naval.

Lyn Adamson, qui figure parmi les 32 Canadiens prenant part à cette initiative, a demandé au gouvernement canadien d'appuyer le geste et de se prononcer contre le blocus naval.

L'année dernière, au printemps, une mission semblable s'était terminée tragiquement. Neuf personnes avaient alors été tuées et 45 avaient été blessées après que des soldats israéliens eurent abordé un navire turque.

Mme Adamson s'inquiète pour la sécurité du groupe, mais a expliqué qu'elle ne voulait absolument pas laisser passer cette occasion.

«Il ne s'agit que d'une mission humanitaire, et nous voulons aider les gens de Gaza à se remettre sur pied», a-t-elle fait valoir, dimanche, avant de prendre l'avion, à Toronto.

«Israël ne semble pas comprendre cela et a menacé de faire plusieurs choses. Notre gouvernement devrait s'opposer à lui.»

Le ministre des Affaires étrangères du Canada, John Baird, estime que l'initiative est de la provocation.

Marie-Ève Rancourt, de la Ligue des droits et libertés du Québec, et Manon Massé, de Québec Solidaire, seront à bord de l'un des bateaux. Elles sont conscientes des risques encourus, mais jugent l'action nécessaire.

Elles s'attendent néanmoins à ce que le gouvernement canadien assure leur protection si jamais l'aventure humanitaire tournait mal.

Mme Massé estime que les propos du ministre Baird s'inscrivent dans le désir du gouvernement fédéral de détourner l'attention du dessein humanitaire de la mission.

«Bien sûr, nous voulons provoquer, mais pas l'armée israélienne, a-t-elle expliqué. Nous voulons provoquer la communauté internationale et la société civile pour qu'elles disent à Israël : «Arrêtez.»

Le groupe de Canadiens affirme que les embarcations de la flottille transporteront des médicaments et du matériel médical. Il s'est dit prêt à soumettre les embarcations à des inspections de l'ONU ou d'une tierce partie.

Israël, par contre, a promis d'empêcher la flottille de se rendre à destination.

Dimanche, un commandant des forces navales israéliennes a lancé une sévère mise en garde aux organisateurs.

«La Marine a déjà empêché et continuera d'empêcher l'arrivée de la flottille de la haine, dont les seuls objectifs sont d'entrer en confit avec les soldats (de l'armée israélienne), de provoquer par l'entremise des médias et de délégitimer l'État d'Israël», a déclaré l'amiral Eliezer Marom, selon le journal Ha'aretz.

Le groupe de Canadiens retrouvera des Australiens, des Belges, des Danois et des Allemands sur les 10 navires que compte la flottille.