Le gouvernement afghan a affirmé lundi que 52 civils, dont des femmes et des enfants, ont été tués quand une roquette tirée par les forces de l'OTAN a frappé un village du sud de l'Afghanistan la semaine dernière - un bilan contesté par la coalition internationale.

Robert H. Reid ASSOCIATED PRESS

L'allégation a été soulevée alors que le fondateur du site Wikileaks a affirmé que des milliers d'attaques menées par les forces américaines pourraient faire l'objet d'enquêtes pour crimes de guerre. Certains des 91 000 documents confidentiels qui ont fait l'objet de fuites concernent des incidents ayant mené à la mort de civils qui n'ont pas été divulgués.

Le porte-parole du président Hamid Karzaï, Waheed Omar, a affirmé que le gouvernement afghan était «stupéfait» qu'un aussi grand nombre de documents aient été diffusés, mais que la plupart des informations qu'ils contiennent ne sont pas nouvelles. Il a précisé que les responsables afghans s'intéressaient particulièrement aux documents qui décrivent des incidents ayant fait des victimes civiles.

Un communiqué diffusé par le bureau de M. Karzaï affirme qu'une enquête menée par les services de renseignement afghans a conclu qu'un roquette tirée par les forces de l'OTAN est tombée sur le village de Rigi, dans le district de Sangin de la province d'Helmand, l'une des régions les plus violentes du pays.

Le président Karzaï a adressé ses condoléances lors d'une conversation téléphonique avec des villageois et a appelé la coalition internationale à faire de la protection des civils sa priorité durant les opérations.

Le commandement américain de la force internationale a pour sa part affirmé qu'une enquête commune menée par l'OTAN et les autorités afghanes n'avait pas jusqu'ici révélé de preuve qu'il y ait eu des civils blessés ou tués dans l'attaque.

«À ce moment-ci, toute spéculation au sujet de victimes civiles dans le village de Rigi est complètement infondée», a dit le contre-amiral Rick Smith, directeur des communications du commandement. Il a précisé que l'OTAN menait une enquête approfondie avec ses partenaires afghans et que toute découverte serait divulguée dès qu'elle se présenterait.

Les enquêteurs ont déterminé que les troupes afghanes et de l'OTAN ont été attaquées vendredi à environ dix kilomètres au sud du village et qu'elles ont riposté par des frappes menées par des hélicoptères, d'après le communiqué.

Selon la coalition, tous les tirs ont été surveillés et comptabilisés, et ils ont tous atteint leur cible. Six insurgés, dont un haut commandant taliban, ont été tués dans l'attaque, affirme la coalition, qui précise que ce bilan est basé sur des observations au sol et sur des sources de renseignement.

Samedi dernier, un homme appelé Abdul Ghafaar a affirmé à l'Associated Press avoir emmené à un hôpital de Kandahar sept enfants qui se seraient retrouvés pris dans des tirs croisés le jour précédent dans le district de Sangin.

Un autre homme, Marjan Agha, a affirmé que des villageois avaient commencé à marcher en direction des troupes de l'OTAN avec un drapeau blanc, mais que les tirs se sont mis à pleuvoir sur eux. Deux personnes auraient été tuées sur les lieux.

Les pertes civiles causées par la coalition internationale sont une source de friction majeure entre le président Karzaï et ses partenaires internationaux, même si les Nations unies affirment que les talibans sont responsables de la plupart des décès de civils.