Le Hezbollah libanais a dénoncé comme «des «affabulations» les révélations de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, évoquant la responsabilité des forces spéciales de ce parti dans l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Ce sont des affabulations qui ont pour objectif d'influencer la campagne électorale (pour les législatives du 7 juin) et faire oublier les informations sur le démantèlement des réseaux d'espionnage travaillant pour le compte d'Israël», a indiqué dans un communiqué le bureau de presse du Hezbollah.

«Publier des informations pareilles et les attribuer à de sources proches du tribunal spécial pour le Liban (TSL) entament la crédibilité de ce tribunal que nous appelons à agir avec fermeté pour démasquer les auteurs de ces mensonges», ajoute le parti chiite.

«Ce n'est pas la première fois que des journaux ont recours à ce genre d'affabulations», a déploré le communiqué citant des médias occidentaux, égyptiens et du Golfe.

Les législatives du 7 juin pourraient être remportées par le puissant parti chiite, allié de la Syrie et de l'Iran mais bête noire de Washington.

Le courant de Saad Hariri, fils du Premier ministre assassiné et l'un des piliers de la majorité parlementaire antisyrienne, a refusé de son côté de commenter les informations du magazine allemand.

Lors d'un rassemblement électoral, le chef druze Walid Joumblatt a par ailleurs averti dimanche que les «fuites de presse peuvent nuire à la mission» du TSL.

«Faites attention aux rumeurs et fuites de presse, elles peuvent nuire à l'action de la justice et provoquer la discorde et la sédition», a dit le chef du Parti socialiste progressiste (PSP) lors d'un discours prononcé en présence de Saad Hariri.

Le chef de la diplomatie israélienne, l'ultranationaliste Avigdor Lieberman, a pour sa part appelé la communauté internationale à lancer un mandat d'arrêt international contre le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah après les révélations du magazine.

Selon Der Spiegel, la commission d'enquête chargée de faire la lumière sur l'assassinat de Rafic Hariri s'orienterait désormais vers une piste menant au Hezbollah.

Citant des informations obtenues de «sources proches du tribunal (spécial pour le Liban, TSL) et vérifiées par la consultation de documents internes», le magazine écrit que «des investigations intensives menées au Liban pointent toutes vers une nouvelle conclusion: ce ne sont pas les Syriens, mais les forces spéciales de l'organisation chiite libanaise Hezbollah qui ont planifié et exécuté» l'attentat qui a coûté la vie à Rafic Hariri le 14 février 2005.

Interrogé après la publication de cette information, le bureau du procureur du TSL a affirmé qu'il «ne commentait pas les questions liées aux aspects techniques de l'enquête».

 «Nous ne savons pas d'où ils sortent cette histoire», a dit une porte-parole du tribunal.

Le Spiegel affirme que le procureur chargé de l'enquête, le Canadien Daniel Bellemare, et les autres juges du TSL essayent apparemment de «retenir» l'information, qui leur aurait été transmise il y a un mois environ.

Plus aucun suspect n'est actuellement détenu dans le cadre d'une enquête du TSL qui avait ordonné le 29 avril la libération de quatre généraux libanais détenus depuis août 2005 pour l'assassinat de M. Hariri, tué dans un attentat le 14 février 2005 à Beyrouth.

Ces quatre officiers ont été remis en liberté, à la demande de M. Bellemare, en raison de l'absence d'«éléments de preuve suffisants».