Le président syrien Bachar al-Assad a qualifié samedi Israël de «grand obstacle à la paix», lors d'un discours à l'ouverture d'une réunion ministérielle des membres de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) à Damas.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«L'échec du processus de paix (israélo-arabe) jusqu'à présent a montré d'une manière flagrante qu'Israël était le grand obstacle à la paix», a affirmé M. Assad. «Notre expérience avec Israël lors des négociations de paix indirectes par l'intermédiaire de la Turquie en est une nouvelle preuve», a-t-il dit.

Les pourparlers indirects de paix entre la Syrie et Israël ont été suspendus en décembre après l'offensive meurtrière de l'armée israélienne à Gaza (27 décembre-18 janvier).

«L'échec de l'action politique dans la restitution des droits légitimes à leurs propriétaires donnera le droit à la résistance de faire son devoir pour les récupérer», a-t-il poursuivi, en référence notamment aux droits des Palestiniens et des Syriens quant à leurs terres occupées.

Selon M. Assad, «le seul point positif du processus de paix est d'avoir mis à nu Israël et dévoilé la réalité de ce pays agressif».

«Durant des décennies, Israël a été considéré comme le gentil agneau épris de paix face aux loups qui l'entourent y compris les Palestiniens, véritables propriétaires de la terre», a affirmé M. Assad.

«Un État fondé sur l'occupation, le massacre des Palestiniens (...) peut-il oeuvrer pour la paix ? Un État dont les gouvernements successifs ont entravé toute solution et dont l'actuel gouvernement est parmi les plus racistes, peut-il être un partenaire dans le processus de paix ?», s'est demandé M. Assad devant des ministres des Affaires étrangères de l'OCI qui regroupe 57 pays représentant 1,5 milliard de musulmans.

Mais «la paix demeure notre objectif stratégique (...) qui restituera l'ensemble des droits, notamment les terres occupées», dont le Golan syrien occupé par Israël en 1967 et annexé en 1981, a néanmoins affirmé le président Assad.

Il a par ailleurs souligné «le grand soutien populaire dont bénéficient les forces de la résistance dans la région», en allusion aux mouvements palestinien Hamas et libanais Hezbollah.

«Ces forces sont l'élément principal par lequel passe toute solution et le garant le plus important des droits», a-t-il martelé.

De son côté, le secrétaire général de l'OCI, Ekmeleddin Ihsanoglu, a évoqué «les souffrances» des habitants de Gaza où «des crimes de guerre flagrants ont été commis par Israël».

«Notre devoir est d'appeler à juger ceux qui les ont commis devant les tribunaux internationaux concernés», a-t-il dit lors d'un discours à l'ouverture de la réunion.

Il a appelé en outre la communauté internationale à «contraindre Israël à mettre fin à son occupation des terres arabes occupées en 1967 à Jérusalem, en Cisjordanie, au Golan et dans le sud du Liban».