Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a accusé mardi les États-Unis de «former des terroristes» au Kurdistan irakien pour lutter contre la République islamique d'Iran, lors d'un discours à Saghez (Kurdistan) diffusé en direct par la télévision d'État.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Au-delà de nos frontières occidentales, les Américains sont en train de former des terroristes», a déclaré la plus haute autorité de l'État devant une foule qui a répondu en criant «mort à l'Amérique». «Ils distribuent de l'argent et des armes pour combattre le régime de la République islamique», a-t-il ajouté, en affirmant que «les Américains ont des plans dangereux pour le Kurdistan» et que «leur objectif n'est pas d'aider les Kurdes mais de les dominer».

M. Khamenei faisait allusion aux combattants du groupe séparatiste kurde PJAK, basés dans le nord-est de l'Irak, qui s'infiltrent régulièrement en Iran pour des opérations armées.

Le Trésor américain a pourtant désigné ce groupe comme étant «terroriste» le 4 février dernier, et annoncé le gel de ses avoirs. Cette décision avait été interprétée alors comme un geste de bonne volonté de Washington envers Téhéran.

«Nos amis kurdes de l'autre côté de la frontière nous ont informés que des officiers américains se rendent dans les hauteurs de Qandil pour distribuer de l'argent aux jeunes kurdes pour leur acheter des informations et en faire des mercenaires. Ce n'est pas digne des jeunes kurdes», a ajouté M. Khamenei.

Selon les estimations, près de 3 000 combattants kurdes, principalement du PKK mais aussi du PJAK, sont réfugiés dans les montagnes du nord de l'Irak, en particulier dans la région de Qandil aux confins du kurdistan irakien à la frontière avec l'Iran et la Turquie.

Le PJAK, acronyme du Parti pour une vie libre au Kurdistan, est lié au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui lutte depuis 1984 contre le gouvernement turc dans le sud-est anatolien.

L'Iran accuse régulièrement les États-Unis de soutenir le PJAK, ainsi que d'autres organisations ethniques aux frontières de l'Iran, ce que Washington a toujours démenti.