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Meurtres de détenus en Irak: prison à vie pour un Américain

Agence France-Presse
Vilseck

Un sergent-chef américain a été condamné jeudi à la prison à vie avec possibilité de libération conditionnelle par une cour martiale en Allemagne pour le meurtre de quatre détenus en Irak.

La cour martiale américaine de la base de Vilseck (ouest de l'Allemagne) a reconnu John Hatley, 40 ans, coupable des meurtres de quatre prisonniers, soupçonnés d'avoir monté une embuscade contre des soldats américains mais qui devaient être relâchés faute de preuves, et de «conspiration en vue de commettre un meurtre prémédité».

Elle l'a en revanche acquitté d'un cinquième meurtre, celui d'un prisonnier irakien abattu en janvier 2007. Quatre autre soldats ont déjà été condamnés dans cette affaire.

Le sergent-chef Hatley, actuellement attaché à la 172e brigade d'infanterie en Allemagne, a participé à l'exécution au printemps 2007 à Bagdad de quatre irakiens, qui ont, selon plusieurs témoins, y compris l'un des sergents condamnés, été exécutés d'une balle dans la tête alors qu'ils étaient ligotés et avaient un bandeau sur les yeux.

Leurs cadavres, qui n'ont jamais été retrouvés, empêchant d'établir avec certitude la date et le lieu précis des faits, ont été jetés dans un canal du sud-ouest de Bagdad.

Le militaire, qui commencera à purger sa peine en Allemagne, avant un éventuel transfèrement aux Etats-Unis, pourra prétendre à une libération conditionnelle dans 20 ans, a précisé à l'AFP son avocat, David Court.

Au cours de l'audience qui a précédé le prononcé du verdict, Hatley a déclaré aux huit jurés militaires qu'il respectait leur décision, tout en soulignant la tension qu'il avait subie à mesure que le nombre de victimes américaines tués par les insurgés irakiens augmentait.

«Je ne suis pas parfait, je ne suis pas un ange», a-t-il poursuivi, au bord des larmes, évoquant le nettoyage «des morceaux de nos soldats, des civils et des amis» tués par des explosions ou par des tireurs embusqués.

Hatley a estimé à 130 environ le nombre de fusillades dans lesquelles son unité de 150 hommes s'est retrouvée engagée. Un aumônier militaire a lui indiqué que ces hommes avaient vécu un «cauchemar» d'«au moins 250» attaques à l'explosif.

Hatley, qui avait plaidé non-coupable, a accueilli «stoïquement» le verdict, a indiqué son avocat, de même qu'il n'avait montré aucun émotion lorsque la cour l'avait déclaré coupable de 4 des 5 chefs d'accusation mercredi. Il s'était contenté d'embrasser sa femme, ses compagnons d'armes et ses amis venus le soutenir tout au long des quatre jours qu'a duré le procès.

Le procureur militaire, le capitaine John Riesenberg, avait qualifié les actes d'Hatley, le plus haut gradé poursuivi dans cette affaire, de «plus gros manquement que l'on puisse concevoir de la part d'un chef».

L'avocat de la défense a plaidé que son client «n'est pas la personne foncièrement mauvaise que le gouvernement vous décrit», relevant que «toutes les guerres connaissent ce problème» de soldats qui atteignent «le point de rupture».

Deux autres sergents, Michael Leahy et Joseph Mayo, ont déjà été condamnés par cette même cour pour leur participation à cette quadruple exécution, dans deux procès, en février et en mars: le premier à la réclusion à perpétuité, le second à une peine de 35 ans de prison.

Deux autres soldats avaient auparavant été condamnés à l'automne 2008 à des peines de sept et huit mois de prison pour leur participation indirecte à ces crimes, écopant de peines mineures en échange de leur témoignage contre les principaux suspects. 




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