Le président du Parlement iranien, Ali Larijani, a jugé mercredi insuffisant le récent message adressé par le président américain Barack Obama aux dirigeants iraniens, qu'il a qualifié de «belles paroles».

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Notre querelle avec les Etats-Unis n'est pas d'ordre émotionnel et ne peut se régler par des félicitations ou par de belles paroles», a déclaré à la presse M. Larijani en visite à Najaf, à 160 km au sud de Bagdad, après avoir rencontré la plus haute autorité religieuse chiite d'Irak, le Grand ayatollah Ali Sistani, lui-même d'origine iranienne.

«Notre différend dure depuis trente ans. Ce pays (les Etats-Unis) s'est toujours opposé à la République islamique d'Iran, notamment durant les huit ans de guerre menée par Saddam Hussein contre notre pays et qui a été inspirée par les Etats-Unis», a-t-il ajouté.

Le 20 mars, Barack Obama avait pris l'initiative historique de s'adresser directement aux dirigeants iraniens, à qui il a offert de surmonter trente années de relations hostiles dans un message diffusé pour le nouvel an iranien.

Le lendemain, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, avait déjà demandé au président américain de passer des paroles aux actes.

Ce mardi, M. Obama a dit s'attendre à «des progrès réguliers» dans les relations bilatérales.

De Najaf, M. Larijani a par ailleurs critiqué le rôle des Américains en Irak. «Les Irakiens ont souffert longtemps d'un tyran et les Américains ne devraient pas jouer ce rôle maintenant», a-t-il souligné.

Le chef du Parlement iranien, qui s'était rendu mardi au mausolée de l'imam Ali, gendre du prophète et figure emblématique du chiisme, a également souligné que les relations entre l'Irak et l'Iran étaient «historiques et profondes».