Le chef de la droite en Israël, Benjamin Netanyahu, hostile à la création d'un Etat palestinien, a été formellement chargé vendredi de former le gouvernement issu des législatives du 10 février.

Mis à jour le 26 févr. 2009
AGENCE FRANCE-PRESSE

D'emblée, M. Netanyahu, 59 ans, a annoncé qu'il plaçait l'Iran en tête de ses priorités après avoir reçu du président israélien Shimon Peres une lettre lui confiant la tâche de former le gouvernement, à la présidence à Jérusalem.

«Israël traverse une période cruciale et doit faire face à des défis colossaux. L'Iran cherche à se doter de l'arme nucléaire et constitue la menace la plus grave pour notre existence depuis la guerre d'indépendance» de 1948, a dit le chef du Likoud.

Assuré d'une majorité de 65 députés sur 120 grâce au soutien de l'extrême droite et des formations religieuses, M. Netanyahu devra présenter son cabinet à la Knesset (Parlement) dans un délai de 28 jours, prolongeable de 14 jours.

M. Netanyahu s'est toutefois dit favorable à un gouvernement d'union «le plus large possible».

«Je lance un appel à Tzipi Livni et Ehud Barak, les chefs du Kadima (28 sièges) et du parti travailliste (13), pour serrer les rangs et agir ensemble. Vous serez les premiers que je rencontrerai afin de discuter de la formation d'un gouvernement d'union le plus large possible», a assuré le chef du Likoud (droite, 27 députés).

Selon la radio publique, M. Netanyahu et Mme Livni sont convenus de se rencontrer dimanche.

Lors de son précédent mandat comme chef du gouvernement (1996-1999), M. Netanyahu avait été contraint à la démission à la suite de la défection des formations d'extrême droite qui lui reprochaient d'avoir cédé aux pressions des Etats-Unis en faisant des «concessions» aux Palestiniens.

Selon les commentateurs, M. Netanyahu entend cette fois tout faire pour empêcher d'être pieds et poings liés à des alliés d'extrême droite dans un gouvernement «super-faucon» dont la politique, notamment vis-à-vis des Palestiniens, risquerait de provoquer des tensions avec les Etats-Unis.

Il est ainsi prêt à être «généreux» envers Tzipi Livni proposant, selon les médias, les ministères des Affaires étrangères et de la Défense au Kadima.

Pour le moment, la ministre des Affaires étrangères sortante ainsi qu'Ehud Barak, actuel ministre de la Défense, ont exclu de se rallier à un gouvernement dirigé par M. Netanyahu.

Du côté palestinien, le président Mahmoud Abbas a affirmé qu'il ne traiterait pas avec le prochain gouvernement israélien s'il se dérobait à la paix, selon son porte-parole.

A Gaza, le mouvement islamiste Hamas, dont M. Netanyahu préconise le renversement, a estimé qu'Israël avait opté pour un dirigeant «plus extrémiste» que le Premier ministre sortant Ehud Olmert.

Le Département d'Etat américain a réagi en signalant la volonté des Etats-Unis de travailler avec le prochain gouvernement «quelle que soit sa composition».

Catégoriquement opposé à l'origine aux accords sur un régime d'autonomie palestinienne conclus en 1993, M. Netanyahu en avait réduit la portée lorqu'il était au pouvoir, pour relancer à grande échelle la colonisation juive dans les territoires palestiniens.

Hostile à la création d'un Etat palestinien qui disposerait d'une réelle souveraineté, il a maintenu la flou sur ses intentions lors de sa dernière campagne électorale. Dans son discours devant le président Peres, il n'a pas mentionné les Palestiniens.