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«Ali le Chimique», bourreau des Kurdes et des chiites, condamné à mort

«Ali le chimique»... (Photo: AFP)

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«Ali le chimique»

Photo: AFP

Agence France-Presse
Bagdad

Le bourreau des révoltés chiites irakiens, Ali Hassan al-Majid, surnommé «Ali le Chimique» pour avoir ordonné le gazage de Kurdes, s'est contenté d'un «Merci mon Dieu», en apprenant mardi sa seconde condamnation à mort par un tribunal de Bagdad.

La Cour, réunie dans la «zone verte», secteur ultra-protégé de la capitale, l'a condamné pour «crimes contre l'humanité et meurtres prémédités», avec Abdel Ghani Abdel Ghafour, chef du parti Baas dans le sud de l'Irak au moment de l'insurrection chiite en 1991.

Cousin de l'ancien dictateur Saddam Hussein, Ali Hassan al-Majid, 67 ans, était à l'époque ministre de l'Intérieur, après avoir été gouverneur militaire du Koweit envahi par l'Irak en août 1990. L'écrasement du soulèvement avait fait jusqu'à 100.000 victimes dans les provinces chiites, selon l'accusation.

C'est la seconde fois en 18 mois qu'Ali Hassan al-Majid est condamné à mort. Le 24 juin, il avait été reconnu coupable du massacre de 182.000 Kurdes d'Irak dans les années 80 où avaient été utilisées des armes chimiques. La Cour suprême avait confirmé la sentence le 4 septembre.

«Il n'a jamais montré le moindre regret pour ce qu'il avait fait», a assuré aux journalistes après le verdict le président du Haut Tribunal pénal irakien, Mohammad Oraïbi, qui dirigea aussi le procès sur le gazage des Kurdes.

Mais c'est surtout Abdel Ghani Abdel Ghafour qui a été le plus combatif à l'annonce de sa condamnation à mort.

«A bas l'occupation», «A bas les collaborateurs», «Victoire, Jihad, Libération», a lancé cet homme trapu, coiffé d'un calot noir traditionnel des Bagdadis et vêtu à l'européenne.

Le président du tribunal a poursuivi l'énoncé du verdict sans que l'accusé se taise. «Allah est Grand», «Dieu fait de moi un martyr», a-t-il crié avant de quitter le box. Le juge a rétorqué: «Dehors, sale baassiste».

Quand le magistrat a annoncé que le verdict serait transmis à la Cour suprême irakienne, qui a le pouvoir de casser la décision, Abdel Ghafour s'est écrié «Je ne veux pas que vous envoyez mon dossier, je veux mourir en martyr de la Nation».

Abdel Ghani Abdel Ghafour s'était montré extrêmement virulent durant les 75 audiences du procès, commencé le 21 août 2007. «Il a toujours fait des problèmes et une fois, il a même mordu la main d'un policier qui essayait de le faire taire», a confié le juge.

Quatre autres inculpés ont été condamnés à la prison à vie, 6 à 15 ans de prison et trois ont été acquittés.

«Ils méritaient tous la corde car les charges étaient les mêmes pour tous, mais les cinq juges qui forment la Cour ont décidé de ne pas prononcer la mort à l'encontre de ceux ayant exprimé des regrets et présenté des excuses», a expliqué M. Oraïbi.

Condamnés à mort dans le procès du massacre des Kurdes, Hussein Rachid al-Tikriti, ancien chef adjoint des opérations des forces armées, et le général Sultan Hachem al-Taï, qui fut ministre de la Défense, ont échappé à la potence. Le premier a été condamné à la réclusion à perpétuité, le second à 15 ans de prison.

Le verdict a été salué dans la ville sainte chiite de Najaf, victime de la répression. «Quand j'étais enfant, j'ai fui dans le désert avec ma famille et j'ai vu les crimes de l'armée de l'ancien régime. Aujourd'hui, Dieu a rendu son jugement», a assuré Ahmed Nouri, 25 ans, ouvrier du bâtiment.

Menée par des soldats démoralisés après la déroute au Koweït et des civils, la rébellion avait été matée dans le sang par les troupes d'élite du régime baassiste, sans que les forces étrangères déployées dans la région n'interviennent.

La mutinerie, commencée à Bassorah, s'était transformée en révolte populaire et avait gagné toutes les villes du sud, notamment Najaf et Kerbala.

Ce Haut Tribunal pénal irakien avait condamné à mort l'ancien dictateur Saddam Hussein en novembre 2006, executé le mois suivant.




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