La Pologne n'est pas encore prête à accueillir une base militaire américaine permanente, a estimé mercredi le responsable de l'armée de Terre au Pentagone, au lendemain de l'offre du président polonais Andrzej Duda de bâtir « Fort Trump » dans son pays.

Mis à jour le 19 sept. 2018
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le vice-ministre de la Défense Mark Esper a indiqué à l'AFP que lors de sa dernière visite en Pologne, en janvier dernier, il avait remarqué que les espaces proposés par le gouvernement polonais n'étaient pas assez vastes pour permettre un entraînement adéquat des soldats américains, notamment de l'artillerie.

« Ce n'était pas suffisant » en termes de surface, d'espace de manoeuvres et champs de tirs, a-t-il indiqué au cours d'un entretien au Pentagone.

« Il faut un grand champ de tirs pour des tirs d'artillerie, par exemple », a-t-il précisé. Or, les terrains proposés « n'étaient peut-être pas assez grands pour nous permettre de maintenir le degré de préparation que nous aimerions maintenir ».

Lors d'une rencontre mardi avec Donald Trump à la Maison-Blanche, M. Duda avait proposé deux milliards de dollars aux États-Unis pour implanter une base militaire permanente dans son pays, une initiative qui pourrait créer des crispations au sein de l'OTAN, dont la Pologne est membre, mais aussi aggraver encore un peu plus les vives tensions entre l'Occident et la Russie.

Le président américain a répondu que les États-Unis allaient étudier cette proposition « très sérieusement », mais le secrétaire de la Défense Jim Mattis avait aussitôt remarqué qu'aucune décision n'avait été prise.

« Comme vous le savez, il ne s'agit pas seulement d'une base. Il s'agit de zones d'entraînement, il s'agit d'infrastructures de maintenance au sein de la base, toutes ces choses, ce sont beaucoup de détails que nous devons étudier avec les Polonais », a-t-il expliqué.

Outre l'espace, l'armée américaine veut pouvoir se déplacer facilement en Europe, or des obstacles administratifs et pratiques la freineraient en cas de conflit, a indiqué M. Esper.

« Nous avons des problèmes avec le transport des équipements lourds et des choses de ce genre », a expliqué le secrétaire à l'armée de Terre.

Il a raconté que lors de son dernier voyage en Europe, ses hommes avaient eu des difficultés à rejoindre l'Allemagne pour des exercices. « Un de nos trains a été bloqué [...] à la fois pour des raisons administratives et pour des questions d'écartement des rails », a-t-il expliqué.

Le problème n'est pas limité à un pays en particulier, a-t-il souligné. « C'est une combinaison de problèmes administratifs et d'infrastructure ».