Après des mois de campagne, les électeurs de gauche français sont conviés aux urnes demain pour finaliser le choix du candidat qui représentera le Parti socialiste à l'élection présidentielle de 2012. L'ex-premier secrétaire du parti, François Hollande, sorti gagnant du premier tour avec 39,2% des voix, est opposé à l'ex-ministre Martine Aubry, arrivée deuxième avec 30,4% des voix.

Marc Thibodeau LA PRESSE

Q: François Hollande est-il assuré de remporter la victoire dimanche?

R: Sa victoire paraît assurée si l'on considère le «poids» des candidats défaits qui se sont ralliés à lui après le premier tour. Manuel Valls, Jean-Michel Baylet et Ségolène Royal avaient mérité, au total, 12% des voix lors du premier tour. François Hollande a aussi reçu à titre «personnel» l'appui d'Arnaud Montebourg, qui avait créé la surprise en raflant 17% des votes avec un discours ancré très à gauche. Martine Aubry, qui continue de croire à ses chances de victoire, espère qu'une bonne partie des électeurs ne refléteront pas dans l'urne les préférences de leur candidat favori du premier tour. L'entourage de la politicienne affirmait hier qu'elle devrait récolter au moins 60% des voix obtenus par Arnaud Montebourg et 50% de celles de Ségolène Royal.

Q: Le parti sera-t-il divisé au lendemain du scrutin?

R: Les ténors socialistes craignaient que la primaire mène à une guerre fratricide dommageable pour l'image de la formation. Les débats télévisés entre les six candidats dans les semaines précédant le premier tour se sont déroulés sans incident majeur, mais les choses ont pris une tournure plus hostile au cours des derniers jours en raison des attaques de Martine Aubry contre François Hollande. Après avoir déclaré qu'il fallait autre chose qu'une «gauche molle» pour gagner l'élection présidentielle, elle en a rajouté en identifiant son adversaire comme «le candidat du système». «La force, ce n'est pas l'agressivité, c'est le rassemblement, la conviction», a répondu le principal intéressé. Les deux candidats assurent qu'ils se rallieront sans réserve à leur adversaire s'ils perdent, mais la réalité risque d'être plus complexe.

Q: Au-delà du camp socialiste, comment se présente l'élection présidentielle?

R: Bien que la cote de popularité du président Nicolas Sarkozy demeure au plus bas, la droite peut se réjouir d'avoir réussi à convaincre l'ex-ministre Jean-Louis Borloo de ne pas se présenter au scrutin présidentiel à la tête d'une formation centriste. L'Élysée veut éviter de voir les appuis potentiels du chef de l'État se diviser par crainte de voir le Front national le devancer au premier tour, comme ce fut le cas pour le candidat socialiste Lionel Jospin en 2002. La chef du parti d'extrême droite, Marine Le Pen, qui se retrouve à 16% d'appui dans les derniers sondages sur l'élection présidentielle, espère convaincre les Français que le Parti socialiste et le parti de la majorité, l'UMP, sont parfaitement identiques. Ces mêmes sondages indiquent que Martine Aubry et François Hollande disposeraient d'une large avance sur Nicolas Sarkozy au premier tour, mais ils ont été produits avant le retrait de Jean-Louis Borloo.