(Washington) Le président américain Joe Biden et son homologue français Emmanuel Macron se sont entretenus vendredi par téléphone, poursuivant leurs efforts pour aplanir les différends franco-américains après la crise des sous-marins australiens, la Maison-Blanche confirmant le prochain voyage à Paris de la vice-présidente Kamala Harris.

Daxia ROJAS Agence France-Presse

Les deux dirigeants « ont discuté des efforts nécessaires pour renforcer l’Europe de la défense tout en garantissant une complémentarité avec l’OTAN », a indiqué un communiqué de l’exécutif américain, un sujet qui tient particulièrement à cœur aux Français.

Emmanuel Macron a en effet fait de la construction d’une véritable défense européenne, un projet qui peine à grandir près de 30 ans après son lancement par le traité de Maastricht de 1992, une priorité des six derniers mois de son mandat.  

Parmi les autres sujets évoqués par les deux leaders figurent la situation au Sahel et la coopération dans la région indopacifique, d’après la Maison-Blanche.  

Les autorités françaises souhaitent « un renforcement de l’appui américain aux opérations antiterroristes conduites par les États européens au Sahel », expliquait début octobre une source diplomatique française à l’AFP, à l’occasion de la visite du secrétaire d’État américain Antony Blinken à Paris.

Phase de réchauffement

L’appel de vendredi précède une rencontre entre Joe Biden et Emmanuel Macron qui devrait avoir lieu au G20 de Rome fin octobre et sera suivie de la visite à Paris de la vice-présidente américaine Kamala Harris, confirmée par la Maison-Blanche et l’Élysée.

PHOTO BRYAN R. SMITH, AGENCE FRANCE-PRESSE

La vice-présidente des États-Unis, Kamala Harris

Dans un tweet, le président américain a dit avoir « apprécié » la conversation avec Emmanuel Macron et « se réjouir » de le rencontrer dans la capitale italienne pour « faire le point sur les nombreux domaines de coopération » entre les deux pays.

La vice-présidente des États-Unis se rendra les 11 et 12 novembre à Paris, à l’occasion du Forum de Paris sur la paix et de la Conférence internationale sur la Libye. Elle sera reçue par le président français.  

Mme Harris et M. Macron « discuteront de l’importance de la relation transatlantique pour la paix et la sécurité dans le monde et ils insisteront sur l’importance de notre partenariat pour les défis planétaires comme la COVID-19 et la crise climatique », a précisé la Maison-Blanche.

L’appel entre les deux dirigeants et la visite de Mme Harris s’inscrivent dans une phase de réchauffement entre Paris et Washington après la crise provoquée par l’annonce mi-septembre d’une nouvelle alliance entre les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni.

Ce partenariat baptisé AUKUS a suscité une rare colère de la France car il a torpillé un mégacontrat de sous-marins français passé avec les Australiens.

Un premier coup de fil entre Joe Biden et Emmanuel Macron, une semaine plus tard, avait permis d’amorcer une détente. Le locataire de la Maison-Blanche avait alors publiquement fait amende honorable sur la méthode.

Et les deux chefs d’État avaient lancé un « processus de consultations approfondies » pour rétablir une confiance durement éprouvée entre Paris et Washington.

La crise des sous-marins australiens est la crise diplomatique la plus grave entre ces deux alliés historiques depuis le « non » français à la guerre d’Irak en 2003.

L’affaire a par ailleurs ouvert un débat en France, mais aussi dans d’autres pays de l’UE, sur la nécessité d’accélérer vers une plus grande souveraineté européenne en matière de défense pour s’affranchir du parapluie américain.