(Washington) Le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin a rappelé mercredi le Pentagone à l’ordre sur la Chine, estimant que ce dernier n’avait pas encore traduit dans les actes ses efforts affichés pour contrer la montée en puissance de Pékin, que les États-Unis considèrent comme leur adversaire stratégique numéro un.

Agence France-Presse

« Au travail ! », a déclaré M. Austin en annonçant de nouveaux efforts pour faire changer de direction l’énorme machine bureaucratique qu’est le Pentagone, pour qu’il soit capable d’affronter une armée moderne après 20 ans d’opérations antidjihadistes au Moyen-Orient, face à des adversaires agiles mais sous-équipés.

Sous Trump, pas grand-chose

La stratégie de défense américaine publiée en 2018 identifiait déjà la Chine comme une des principales menaces à contrer pour les États-Unis. Mais depuis trois ans, pas grand-chose n’a été fait pour mettre ce principe en œuvre, selon les conclusions d’un groupe de travail mis en place en février par le président Joe Biden pour affronter plus vigoureusement Pékin.

Le groupe de travail a constaté « un fossé entre les paroles et les actes, en ce qui concerne la priorité affichée à la Chine et ce que nous avons constaté dans un certain nombre de domaines en termes de ressources et de décisions », a indiqué à la presse un haut responsable du ministère de la Défense ayant requis l’anonymat.

« La stratégie de défense nationale de 2018 était cruciale […] mais avec la directive d’aujourd’hui, il s’agit de s’assurer que le ministère de la Défense répond à cette priorité », a-t-il ajouté.

La Chine agressive à l’égard de Taïwan

Au moment où la Chine se montre de plus en plus agressive à l’égard de Taïwan, qu’elle considère comme part intégrante de son territoire, l’armée américaine cherche à renforcer sa présence dans le Pacifique.

Mais en même temps, elle reste très présente au Moyen-Orient, malgré le retrait en cours des 2500 militaires américains encore déployés début mai en Afghanistan, ce qui conduit parfois à des tensions entre les commandements militaires du Moyen-Orient (Centcom) et de la région indopacifique (Indopacom).

Pour s’assurer que les priorités sont accordées conformément à la stratégie nationale américaine, Lloyd Austin a décidé de superviser lui-même la mise en œuvre des conseils du groupe de travail, sur lesquels le Pentagone reste pour le moment très discret.

« Les efforts que j’ordonne aujourd’hui permettront au ministère de revitaliser notre réseau d’alliés et de partenaires, de renforcer la dissuasion, d’accélérer le développement de nouveaux concepts opérationnels, de capacités émergentes et d’un nouveau déploiement de nos forces », a simplement indiqué le ministre de la Défense, cité dans un communiqué.