(Washington) Le vol habité de la NASA et de SpaceX vers la Station spatiale internationale (ISS), prévu jeudi avec notamment à son bord le Français Thomas Pesquet, est reporté d’une journée à cause de la météo, a annoncé l’agence spatiale américaine mercredi.

Agence France-Presse

Le vol devrait avoir lieu vendredi à 5 h 49 (9 h 49 GMT) au lieu de jeudi à 6 h 11 (10 h 11 GMT), à cause « de conditions météorologiques défavorables ».

La mission décollera du centre spatial Kennedy, en Floride.

L’agence spatiale américaine « prévoit une probabilité de 90 % de conditions météorologiques favorables » pour le décollage, et la météo devrait aussi « s’améliorer » le long de la trajectoire de vol.

PHOTO SPACEX, VIA ASSOCIATED PRESS

Les astronautes désignés pour le vol de la NASA maintenant prévu le 23 avril : le Français Thomas Pesquet, les Américains Megan McArthur et Shane Kimbrough, et le Japonais Akihiko Hoshide.

Le vent reste « la principale préoccupation météorologique » concernant le décollage.

« Pour les vols habités, nous devons nous assurer que les conditions météorologiques permettent une éventuelle opération de sauvetage de l’équipe » lors du décollage, a expliqué aux journalistes Steve Jurczyk, administrateur de la NASA par intérim.

Il s’agit de la deuxième mission de SpaceX vers la Station spatiale internationale depuis que les États-Unis ont repris les vols habités vers l’espace, et la première avec un Européen à bord : le Français Thomas Pesquet.

La mission, baptisée Crew-2, comprend aussi deux astronautes américains, Shane Kimbrough et Megan McArthur, ainsi que le Japonais Akihiko Hoshide.

Elle recourt à un propulseur et une capsule déjà utilisés, ce qui représente une économie de taille pour la NASA.

Cela « nous aide à voir tout le potentiel, et à vraiment réaliser les rêves que nous avions lorsque nous avons commencé cette collaboration avec SpaceX il y a dix ans », a dit à l’AFP Tom Simon, expert de l’agence spatiale américaine.

La NASA veut pouvoir réutiliser les propulseurs des fusées au moins cinq fois pour les vols habités.

« Ambiance soirée pyjama »

SpaceX, fondée par Elon Musk, s’est imposée auprès de la NASA pour les transports spatiaux au moment où la capsule Starliner de Boeing cumule les retards dans ses vols tests.

Les deux entreprises ont des contrats de plusieurs millions de dollars avec l’agence spatiale américaine.

Le succès en mai 2020 de Crew-1, le premier vol test habité de SpaceX, a brisé le monopole russe des envols vers l’ISS et redonné aux Américains la capacité d’accomplir cet exploit, après la fin du programme de navettes spatiales « Shuttle » en 2011.

Les quatre astronautes vont d’ailleurs cohabiter pendant quelques jours avec l’équipe de Crew-1, avant que cette dernière ne rentre de sa mission de six mois.

Avec trois Russes à bord, la station va donc être inhabituellement pleine, avec pas moins de 11 personnes à bord.

« Ça va être une ambiance soirée pyjama » avec un astronaute dormant dans chacune des capsules SpaceX amarrées, a dit Ben Stahl, qui travaille sur la mission Crew-2.

Mais les astronautes consacreront tout leur temps au travail : ils devront préparer la capsule Crew-2 à un vol spatial de longue durée, et Crew-1 à son retour sur terre, le 28 avril.

L’équipe d’astronautes sera chargée de mener de nombreuses expériences scientifiques, comme l’examen des effets de l’apesanteur sur les organoïdes cérébraux (de mini-cerveaux créés en laboratoire).

Autre élément important de la mission : la mise à niveau du système d’alimentation solaire de la station en installant des nouveaux panneaux compacts qui se déroulent comme un énorme tapis de yoga.

Cette mission se déroule dans un contexte d’incertitude quant à l’avenir de l’ISS, la Russie ayant annoncé qu’elle envisageait de quitter le projet et de construire sa propre station spatiale en 2025.

« Nous n’avons pas eu de discussions avec la Russie ou Roscosmos concernant leurs projets, ils feront leur travail et décideront de ce qu’ils veulent faire, et on prendra des décisions de notre côté avec nos partenaires », a déclaré Steve Jurczyk.