(Washington) L’ambassadrice nommée par Joe Biden pour représenter les États-Unis à l’ONU, Linda Thomas-Greenfield, a dû se défendre mercredi de toute faiblesse ou complaisance à l’égard de la Chine, sur fond de polémique sur un discours prononcé en 2019.

Agence France-Presse

« Quand l’Amérique répond présent », « quand nous exerçons notre influence conformément à nos valeurs, les Nations unies peuvent être une institution indispensable pour promouvoir la paix, la sécurité et notre bien-être collectif », a dit la diplomate afro-américaine devant les sénateurs, qui doivent se prononcer par un vote sur sa nomination.

« Si, au contraire, nous laissons notre chaise vide et laissons d’autres remplir ce vide, la communauté internationale en pâtit, ainsi que les intérêts américains. En particulier, nous savons que la Chine est à la manœuvre dans tout le système onusien pour pousser ses priorités autoritaires qui sont aux antipodes des valeurs fondatrices de l’institution et des valeurs américaines », a-t-elle fait valoir.

« Elle ne peut réussir que si nous continuons à nous désengager. Cela n’arrivera pas en ma présence », a-t-elle ajouté, dans une critique du désengagement sous la présidence de Donald Trump.

Discours dans un institut Confucius

Linda Thomas-Greenfield, une diplomate chevronnée qui fut secrétaire d’État adjointe pour l’Afrique sous l’administration de Barack Obama, a toutefois été pressée de questions sur un discours prononcé en 2019 à l’Institut Confucius d’enseignement du chinois auprès de l’Université de Savannah, dans l’État de Géorgie. Selon le Washington Post, elle a reçu 1500 dollars, payés par l’université, pour ce discours considéré comme bienveillant à l’égard de la Chine.

Les Instituts Confucius ont été désignés comme étant des outils de « propagande » de Pékin par la diplomatie américaine.

« Ce discours était un encouragement adressé au Parti communiste chinois », sans la « moindre critique », a notamment attaqué le sénateur républicain Ted Cruz, particulièrement agressif.

« Je ne suis pas naïve au sujet de l’influence néfaste de la Chine et je connais très bien les activités de l’Institut Confucius », a assuré Linda Thomas-Greenfield, promettant de « contrer la Chine à l’ONU ».

« Je regrette vraiment d’avoir accepté cette invitation », a-t-elle dit mercredi. « C’était vraiment une grosse erreur de ma part. »

Elle a dit l’avoir fait dans le cadre d’une collaboration ancienne avec cette université pour sensibiliser les jeunes afro-américains aux questions de politique étrangère.

Priée de dire si elle partageait la décision de l’administration Trump, prise le dernier jour de son mandat, de qualifier de « génocide » le traitement des musulmans ouïghours par la Chine, la prochaine ambassadrice a esquivé la question. « Ce qu’ils font est horrible », « je crois que le département d’État a entamé un réexamen de cette décision », a-t-elle dit.

Le nouveau secrétaire d’État américain Antony Blinken avait lui dit la semaine dernière, lors de sa propre audition parlementaire, partager l’accusation de « génocide », sans évoquer de « réexamen ».

Payer ses comptes

La future ambassadrice a promis de faire du versement des arriérés de Washington une de ses « premières priorités ».

« Ne pas payer nos factures affaiblit notre pouvoir, et amoindrit notre leadership », a-t-elle plaidé.

Les États-Unis doivent actuellement environ 1,3 milliard de dollars d’arriérés aux budgets de fonctionnement et d’opérations de paix de l’ONU, selon une source proche du dossier.