(Washington) Les États-Unis peuvent « remporter la compétition avec la Chine » et « revigorer » leurs alliances malmenées par Donald Trump pour « contrer » les principaux adversaires de Washington, déclare mardi Antony Blinken, le futur secrétaire d’État du président désigné Joe Biden.

Publié le 19 janv. 2021
Agence France-Presse

« Nous pouvons revigorer nos alliances fondamentales comme autant de multiplicateurs de notre influence à travers le monde. Ensemble, nous sommes en bien meilleure posture pour contrer les menaces posées par la Russie, l’Iran et la Corée du Nord et pour défendre la démocratie et les droits humains », devait-il dire à l’ouverture de son audition devant le Sénat, selon le texte diffusé par son équipe.

Les sénateurs l’interrogeront dans l’après-midi et doivent se prononcer dans les prochains jours par un vote sur sa nomination.

Renouer avec des alliés, notamment européens, bousculés par quatre années de présidence Trump est une des principales priorités de Joe Biden en politique étrangère. L’autre étant de démontrer que l’Amérique « est de retour » sur la scène internationale et dans les cénacles multilatéraux, là aussi en rupture avec la vision souverainiste et unilatéraliste du milliardaire républicain.

« Le leadership américain compte encore », devait plaider Antony Blinken.  

« Lorsque nous ne sommes pas en première ligne, de deux choses l’une : soit un autre pays tente de prendre notre place, mais probablement pas de manière à promouvoir nos intérêts ou valeurs, soit aucun ne le fait, et c’est le chaos », devait-il expliquer, reprenant un argumentaire cher au démocrate qui sera investi mercredi.

Le futur chef de la diplomatie américaine devait défendre « l’humilité » – « car nous avons du pain sur la planche chez nous pour améliorer notre image à l’étranger ».

« Aucun des gros défis auxquels nous sommes confrontés ne peut être résolu par un pays agissant seul, même aussi puissant que les États-Unis », devait-il souligner.

« Mais nous agirons aussi avec confiance, car l’Amérique, lorsqu’elle exprime le meilleur d’elle-même, est mieux placée que n’importe quel pays pour mobiliser les autres au nom du bien commun », devait ajouter Antony Blinken.

« Guidés par ces principes, nous pouvons surmonter la crise de la COVID-19, le plus grand défi partagé depuis la Seconde Guerre mondiale », et « affronter la menace existentielle que pose le changement climatique », devait-il marteler.

« Nous pouvons remporter la compétition avec la Chine, et rappeler au monde qu’un gouvernement du peuple, par le peuple, peut offrir des résultats à son peuple », devait-il aussi déclarer, alors que la confrontation avec Pékin a pris des allures de nouvelle Guerre froide sous la houlette de Mike Pompeo, le secrétaire d’État de Donald Trump.

Antony Blinken, 58 ans, qui conseille depuis longtemps Joe Biden en politique étrangère et fut le numéro deux de la diplomatie américaine sous la présidence de Barack Obama, devait aussi promettre de redonner confiance au département d’État, un ministère tentaculaire dont les fonctionnaires se sont souvent sentis mal-aimés par Mike Pompeo.