Les États-Unis « en ont pour des mois, pas des semaines », a signalé en entrevue mercredi après-midi Gregory Poland, directeur de la recherche sur les vaccins à la réputée Clinique Mayo du Minnesota.

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

Non, il ne sera pas possible de précipiter la création de vaccins, a-t-il dit. « Ce n’est pas de découvrir le vaccin en tant que tel qui prend du temps. Ce qui est long, c’est de mettre en place des tests sécuritaires, dans la mesure où les tests se font sur des personnes en santé ».

Impossible, dans ces conditions, d’avoir un vaccin avant janvier.

Quand la vie pourra-t-elle reprendre ? À quel moment les enfants pourront-ils retourner à l’école ? « Il faudra qu’on en arrive à un très petit nombre de cas, puis attendre quatre semaines de plus. On aura une décision très difficile à prendre à l’automne. »

Le DPoland a rappelé tout au long de son entrevue — menée par la revue scientifique JAMA (Journal of the American Medical Association) — que personne, dans le monde, n’avait accumulé plus de 12 semaines de connaissances sur ce virus, qui demeure largement méconnu.

« On est en train de faire voler un avion qu’on est en train de construire. »

La chloroquine, à son avis, est une avenue prometteuse, mais encore là, des essais cliniques préalables sont incontournables.

Le plasma ou des anticorps humains, « qui ont été utilisés en 1918 pendant la pandémie d’influenza » sont aussi des pistes intéressantes à son avis.

Selon le DPoland, les États-Unis sont encore très loin d’atteindre le pic de la courbe de cas.

Peut-on espérer que la propagation ralentira avec les beaux jours ? À cela, le DPoland a répondu qu’on peut en effet l’espérer, comme il a bon espoir que les gens qui ont été infectés une première fois ne l’attraperont pas de nouveau ensuite.

Si les gens réagissent cette fois comme ils le font en cas de pandémie, le DPoland prédit « que les gens vont commencer à fuir les villes », ce qui propagera le virus encore plus sur le territoire.

Mais oui, on s’en sortira et « pour les jeunes générations, cette bataille aura sans doute le même effet que pour celle qui a assisté à la course vers la lune. Ça fera naître des vocations scientifiques. »