(Washington) Le candidat à la primaire démocrate Pete Buttigieg a assuré dimanche n’avoir « aucune leçon » de morale à recevoir de la part des partisans de Donald Trump, après avoir essuyé des attaques homophobes d’un animateur radio proche du président.

Agence France-Presse

« Mon mariage est fidèle, amoureux, sérieux. Je suis fier de mon mariage et de mon mari », a déclaré sur la chaîne Fox, très suivie par les conservateurs, le premier candidat ouvertement homosexuel ayant une chance d’obtenir la nomination d’un grand parti.  

« Je n’ai pas de leçons à recevoir sur les valeurs familiales de la part de Rush Limbaugh ou de n’importe quelle personne considérant Donald Trump comme un leader moral autant que politique », a ajouté l’ancien maire de South Bend, une petite ville de l’Indiana.  

Le président américain a régulièrement défrayé la chronique, tant pour sa liaison supposée avec une ancienne actrice de films pornographiques que pour ses déclarations scabreuses sur les femmes.

Figure de la sphère conservatrice américaine, Rush Limbaugh s’est moqué mercredi de Pete Buttigieg, en évoquant « ce type gai […] qui embrasse son mari sur scène ».  Ces propos ont pris un relief particulier car ils sont intervenus quelques jours après un hommage appuyé rendu par Donald Trump à l’animateur devant le Congrès au grand complet.  

PHOTO PATRICK SEMANSKY, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Rush Limbaugh a reçu la médaille de la Liberté lors du discours sur l'état de l'Union, le 4 février.

« Les États-Unis ont changé et nous devrions avoir des politiques qui acceptent tout le monde », a encore commenté M. Buttigieg, 38 ans, en soulignant avoir été réélu à South Bend après avoir révélé son homosexualité.

« Je suis triste pour le parti républicain s’il est prêt à accepter ce genre de rhétorique homophobe », a-t-il encore déclaré, dans sa première réaction directe à ces attaques.

La percée de Pete Buttigieg, arrivé premier et second dans les deux premières étapes de la primaire, semble déconcerter Donald Trump qui, jusqu’ici, ne l’a pas attaqué frontalement, contrairement aux autres prétendants démocrates.

Interrogé jeudi sur le fait de savoir s’il pensait que les Américains pourraient élire un président homosexuel, le milliardaire républicain a répondu : « Je pense que oui ». « Je pense que certains ne le feraient pas. Mais je ne ferais pas partie de ce groupe pour être honnête », a-t-il ajouté dans l’émission de radio de Geraldo Rivera.