(Washington) « Je ne vous mentirai jamais » : Kayleigh McEnany, nouvelle porte-parole de la Maison-Blanche, a relancé vendredi une tradition qui s’était perdue : le point de presse quotidien.

Jerome CARTILLIER
Agence France-Presse

En rupture avec une pratique solidement établie depuis des décennies sous les présidents républicains comme démocrates, la Maison-Blanche avait abandonné depuis plus d’un an ce rituel, préférant laisser à Donald Trump toute la lumière.

La jeune femme de 31 ans a pris ses marques dans un contraste saisissant avec Stephanie Grisham, qu’elle a remplacée mi-avril et qui ne s’était jamais présentée à la tribune.

Combative, mais se tenant à l’écart des attaques agressives du président contre les « Fake News » et les « ennemis du peuple », Kayleigh McEnany a répondu pendant une trentaine de minutes aux questions des journalistes.

La salle de presse la plus célèbre du monde compte 49 sièges, mais seuls 14 d’entre eux étaient occupés en raison de la distanciation sociale liée au coronavirus.

Sa profession de foi sur son honnêteté sera, bien sûr, mise à l’épreuve des faits dans les mois à venir.

« Elle n’a visiblement pas lu la fiche de poste », a ironisé dans un tweet Julian Zelizer, professeur de sciences politiques à l’Université de Princeton.

Diplômée des prestigieuses universités de Georgetown et de Harvard, Kayleigh McEnany, qui a été commentatrice sur les chaînes Fox et CNN avant de devenir porte-parole de la campagne 2020 de Donald Trump, sait que ses déclarations seront scrutées avec attention.

« Faits alternatifs »

L’équipe de communication de Donald Trump a, par le passé, eu recours à d’étranges contorsions ou formulations pour défendre ou expliquer les déclarations du président.

Le premier à occuper le poste de porte-parole, Sean Spicer, avait commencé du mauvais pied.  

Lors de sa première apparition dans la James Brady Press Briefing Room, il avait tenté maladroitement de défendre le président qui s’était emporté après des comparaisons peu flatteuses entre la taille de la foule qui s’était rassemblée pour son investiture, le 20 janvier 2017, et celle de Barack Obama huit ans plus tôt.

Interrogée sur les raisons pour lesquelles M. Trump avait poussé son porte-parole à prononcer « des mensonges », Kellyanne Conway, une autre conseillère du président, avait ajouté au malaise en affirmant que ce dernier avait présenté des « faits alternatifs ». Cette étrange tournure de phrase colle depuis à l’équipe Trump.

Après s’être exprimé pendant plusieurs semaines depuis cette pièce lors du point quotidien de la cellule de crise sur le coronavirus, le milliardaire républicain préfère désormais prendre la parole depuis le bureau Ovale ou à l’occasion de cérémonies organisées dans les salons de la Maison-Blanche.