L’enquête en destitution a plané sur le débat des candidats à l’investiture démocrate, mercredi soir, quelques heures après les révélations du diplomate Gordon Sondland.

Janie Gosselin Janie Gosselin
La Presse

Dans un format sans discours d’ouverture des dix participants, l’une des quatre modératrices, la présentatrice Rachel Maddow, a lancé le débat avec ce sujet d’actualité. Elle a demandé à la sénatrice du Massachusetts Elizabeth Warren – l’une des candidates les plus en vue de la course démocrate actuellement – si elle avait l’intention de tenter de convaincre les républicains au Sénat de destituer le président Donald Trump.

« Bien sûr, a répondu la politicienne. Personne n’est au-dessus de la loi. » Elle en a ensuite profité pour souligner qu’elle était la seule à s’être engagée à ne pas accorder de postes de diplomate à des donateurs importants.

Le ton était donné pour ce cinquième débat, où les candidats présents ont tenté de se démarquer les uns des autres tout en réservant leurs attaques les plus virulentes à l’actuel président. Les dix participants qui se sont qualifiés pour le débat de mercredi espèrent remporter l’investiture et devenir le choix démocrate lors de l’élection de 2020.

Attaques

En tête des sondages, Joe Biden, ancien vice-président de Barack Obama et démocrate de centre, s’est présenté comme le choix le plus susceptible de rallier les votes, en opposition aux deux candidats qui le suivent dans les sondages, Elizabeth Warren et le sénateur du Vermont Bernie Sanders, tous deux de l’aile plus progressiste du parti.

PHOTO SAUL LOEB, AGENCE FRANCE-PRESSE

Bernie Sanders

« Donald Trump ne veut pas que je remporte l’investiture », a souligné Biden. Il réagissait à l’enquête en destitution, au cours de laquelle il en a été question. Le président Trump est soupçonné d’avoir fait pression sur le président ukrainien pour qu’il enquête sur le fils de Joe Biden.

Le maire de South Bend Pete Buttigieg connaît une progression dans les sondages. Se positionnant au-dessus de la mêlée sur la procédure de destitution, il a rappelé que les enjeux importants « ne prennent pas de vacances » durant la procédure. Il a été la cible des autres candidats sur scène à quelques reprises.

La sénatrice de Californie Kamala Harris a critiqué le plus jeune candidat de la course cette semaine pour l’utilisation d’une photo de banque générique d’une Kényane afin de promouvoir son plan pour les Afro-Américains. Invitée à revenir sur son commentaire durant le débat, elle a livré un témoignage sur la discrimination aux États-Unis, appelant M. Buttigieg à s’excuser. Le candidat homosexuel a répondu qu’il comprenait la discrimination en raison de ses propres expériences.

PHOTO BRENDAN MCDERMID, REUTERS

Pete Buttigieg

La question de la santé, et notamment du plan d’assurance maladie universelle sur lequel les démocrates sont divisés, a suscité les débats entre candidats. La sénatrice Warren a révélé le 1er novembre son plan de financement de ce programme, qui augmenterait les impôts des plus riches. Les candidats Joe Biden et Cory Booker, sénateur du New Jersey, ont critiqué son approche. Le sénateur Sanders, pour qui c’est un cheval de bataille, a promis d’instaurer l’assurance maladie universelle dans la première semaine de son mandat. « Le système actuel est cruel et dysfonctionnel », a lancé M. Sanders.

Des sujets comme la défense, la violence, l’avortement et les relations internationales ont aussi été abordés.

Les autres candidats présents sur la scène des studios Tyler Perry à Atlanta étaient Amy Klobuchar, sénatrice du Minnesota, Tulsi Gabbard, élue d’Hawaii à la Chambre des représentants, et deux candidats qui ne sont pas issus du monde politique, Andrew Yang, entrepreneur, et Tom Steyer, milliardaire.

Il reste 17 candidats dans la course, mais 8 d’entre eux n’ont pas atteint les standards fixés pour se qualifier au débat, présenté par MSNBC et The Post.

— Avec le Time, The Washington Post