(Washington) Le département d’État américain a approuvé une importante vente d’armements à Taïwan pour un montant total de 2,2 milliards de dollars, a annoncé lundi le ministère américain de la Défense dans un communiqué.  

Agence France-Presse

La notification de cette vente, qui comprend notamment 108 chars de combat M1A2 Abrams et 250 lance-missiles sol-air à courte portée Stinger, a été faite au Congrès américain. Ce dernier a 30 jours pour y faire objection, une hypothèse qui semble peu probable.

Cette annonce est de nature à provoquer la colère de la Chine, qui considère Taïwan comme faisant partie de son territoire. Elle intervient par ailleurs dans un contexte où Pékin et Washington se livrent une guerre commerciale depuis des mois.  

Taïwan avait confirmé début juin son intention de passer cette importante commande d’armes auprès de Washington.  

Pékin avait alors aussitôt exprimé ses « sérieuses préoccupations » à ce sujet.

« Nous avons à plusieurs reprises insisté sur le fait que les États-Unis doivent parfaitement comprendre la nature extrêmement sensible et dommageable de leur décision de vendre des armes à Taïwan, et respecter le principe d’une Chine » unique, avait déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang.

Cette vente d’armes servira à « moderniser » l’équipement taïwanais et « n’affectera pas l’équilibre de base des forces militaires dans la région », selon le communiqué de la Defense Security Cooperation Agency (DSCA), qui fait partie du ministère américain de la Défense.

La vente de chars contribuera à renforcer la capacité de Taïwan « à faire face aux menaces régionales actuelles et futures » et à renforcer « sa défense intérieure », détaille la DSCA.

Et la livraison de missiles va « soutenir la politique étrangère et la sécurité nationale des États-Unis en contribuant à améliorer la sécurité et la capacité défensive » de Taïwan, « une force importante pour la stabilité politique, l’équilibre militaire et le progrès économique dans la région », précise la DSCA.

L’agence américaine assure que ni les chars ni les missiles n’affecteront « l’équilibre militaire fondamental dans la région ».

Le ministère taïwanais des Affaires étrangères a réagi en soulignant dans un communiqué que l’île « se trouve en première ligne de l’expansion ambitieuse de la Chine et fait face à d’énormes menaces et pressions de Pékin ».

La vente d’armes qui vient d’être approuvée par le département d’État américain « aidera grandement à augmenter nos capacités défensives », a affirmé le ministère taïwanais.

L’île est actuellement équipée d’environ 1000 chars CM 11 Brave Tiger et M60A3, une technologie de plus en plus vieillissante.

Les chars Abrams et les missiles anti-aériens, qui peuvent être rapidement déployés, accroîtraient significativement la capacité de Taïwan à détruire blindés et avions de combat chinois en cas d’invasion.

La Chine considère Taïwan comme une partie de son territoire. L’île est dirigée par un régime rival qui s’y était réfugié après la prise du pouvoir des communistes sur le continent en 1949, à l’issue de la guerre civile chinoise.

Pékin menace de recourir à la force en cas de proclamation formelle d’indépendance à Taipei ou d’intervention extérieure – notamment de la part des États-Unis, principal appui militaire de l’île.  

De son côté, Washington, qui a rompu en 1979 ses relations diplomatiques avec Taipei afin de reconnaître Pékin comme le seul représentant de la Chine, reste l’allié le plus puissant du territoire insulaire et son principal fournisseur d’armes.

De fait, le président Donald Trump n’a pas fait mystère de ses intentions de renforcer les liens avec l’île, notamment en lui vendant des systèmes d’armement sophistiqués.