Source ID:70676e82e52c3498b3f9f66c709e56e3; App Source:StoryBuilder

Robert Mueller, l'homme invisible qui tient Washington en haleine

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
PAUL HANDLEY
Agence France-Presse
Washington

Son ombre plane sur le «marais» politique de Washington, mais Robert Mueller reste invisible. Son nom est sur toutes les lèvres dans le microcosme de la capitale américaine, mais le procureur spécial chargé de l'explosive enquête russe reste muré dans le silence.

Sans sortir de l'ombre, il donne ses coups de griffe en paraphant des documents judiciaires qui, ici, inculpent un ancien conseiller de Donald Trump, là, soulignent les mensonges d'un autre.

Et chaque fois, la même question s'élève dans les départements, les salles de rédaction et les dîners : que possède-t-il contre l'occupant de la Maison-Blanche?

Depuis 18 mois, Robert Mueller dirige les investigations notamment sur les ingérences russes dans la campagne présidentielle américaine de 2016 et les soupçons de collusion entre Moscou et l'équipe de campagne de Donald Trump.  

Son enquête aux vastes ramifications tient Washington en haleine et met les nerfs du milliardaire républicain à rude épreuve.

Donald Trump ne fait pas mystère de son exaspération face à ce qu'il qualifie à longueur de tweets de «chasse aux sorcières» sans fondement. Quant à Robert Mueller, il est tout bonnement «hors de contrôle», selon lui.

Les progressistes considèrent au contraire le procureur spécial comme une sorte de superhéros et s'enthousiasment à chaque procédure judiciaire semblant tisser un lien - même ténu - entre le président et le Kremlin.

Les républicains, eux, n'osent pas imaginer quels seront les dommages pour leur parti si les conclusions de Robert Mueller devaient incriminer Donald Trump.

Mueller pour Noël

Dans les médias, le procureur spécial est devenu un personnage culte, dont l'image est fréquemment détournée pour le représenter en Jedi de Star Wars ou en chevalier de Game of Thrones. «Mueller arrive» (Mueller is coming), plaisantent les internautes, s'inspirant d'une célèbre réplique («Winter is coming») de cette série.

L'émissio Saturday Night Live s'est même conclue la semaine dernière sur une reprise parodique du tube de Mariah Carey : Mueller, All I Want for Chrismas is You (Mueller, pour Noël, je ne veux que toi).

Malgré cette starification, Robert Mueller reste peu connu du grand public.

Cet ancien Marine de 74 ans avait pris les commandes de la police fédérale une semaine avant les attentats du 11 septembre 2001. À la tête du FBI pendant douze ans, il avait gagné le respect sans fendre l'armure.

Aujourd'hui, il continue de fuir les caméras. Il vit dans un lotissement sécurisé dans le nord de la Virginie, entre et sort de son bureau par un stationnement sous-terrain.

Il ne va pas à la Maison-Blanche pour parler avec les avocats de la présidence, ce sont eux qui viennent à lui. Son équipe d'une vingtaine d'enquêteurs et de procureurs le représentent devant les tribunaux.  

Cette année, Robert Mueller n'a été repéré en public qu'à quatre reprises : traversant une rue, dans un restaurant sans prétention, dans un magasin Apple avec son épouse Ann Standish et, enfin, dans un aéroport où il attendait un vol à quelques mètres de Donald Trump Junior, le fils du président qui, selon les médias, se trouve dans son viseur.

Preuve de leur rareté, chacune de ses apparitions a été largement relayée sur les réseaux sociaux.  

Paragraphes noircis

Dans une capitale où fourmillent les journalistes, rien ne filtre de ses travaux. Le procureur spécial a un porte-parole, Peter Carr, qui explique uniquement ce qui est déjà public. Pour le reste, il oppose toujours la même réponse : «Pas de commentaire.»

Les médias en sont réduits à spéculer sur l'avancement de son enquête. Chaque acte de procédure est disséqué pendant des heures sur les télévisions et fait l'objet de longues extrapolations dans les journaux.

Même quand ils sont rendus publics, les mémos du procureur spécial laissent les journalistes sur leur faim.

Ainsi, un document transmis mardi soir à un juge au sujet d'un ex-conseiller de Donald Trump, Michael Flynn, évoque son «aide substantielle» dans l'enquête russe. Mais les détails sont dissimulés sous des lignes noircies.

Aux attaques de M. Trump, Robert Mueller oppose la même discrétion.

Ses services ne sont sortis du silence qu'à une seule reprise, en octobre, pour demander au FBI d'enquêter sur une possible tentative de salir le procureur spécial.

Des militants conservateurs sont soupçonnés d'avoir cherché à payer des femmes pour qu'elles accusent Robert Mueller de les avoir harcelées sexuellement il y a plusieurs années.

L'histoire colle tellement peu au personnage que, pour une fois, démocrates et républicains l'ont balayée dans un même éclat de rire.




À découvrir sur LaPresse.ca

la boite: 1600127:box; tpl: 300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer