À deux jours d'une élection partielle aux enjeux majeurs, Barack Obama se rendait dimanche dans le Massachusetts pour soutenir la candidate démocrate à la succession de Ted Kennedy au Sénat.

Beth Rouhy ASSOCIATED PRESS

À l'approche du premier anniversaire de la présidence Obama, la course s'annonce plus serrée que prévu et a du même coup renforcé les espoirs des républicains de porter un coup d'arrêt au projet de réforme de santé du chef de la Maison-Blanche et à d'autres priorités de son programme en politique intérieure.

L'avenir de la majorité du parti démocrate au Sénat, où la formation d'Obama dispose pour l'heure de 60 voix sur 100 -en comptant deux indépendants qui votent à ses côtés-, va en effet se jouer lors de l'élection partielle de mardi destinée à pourvoir le siège de Ted Kennedy, décédé en août à 77 ans.

Soucieux de préserver cette majorité précieuse, qui lui permet de faire barrage aux obstructions républicaines («filibustering») à moins d'un an des élections de mi-mandat de novembre prochain, le président américain a décidé de faire campagne en faveur de Martha Coakley, ministre de la Justice de l'État.

Mme Coakley est opposée au républicain Scott Brown et à l'indépendant Joseph L. Kennedy, celui-ci n'ayant aucun lien avec le célèbre clan qui a perdu l'été dernier son dernier patriarche.

Il y a 14 mois tout juste, Barack Obama l'avait emporté dans le Massachusetts avec 26% d'avance sur le candidat républicain à la présidence John McCain. Dans cet État majoritairement acquis au «Parti de l'âne», la dernière élection d'un républicain au Sénat remonte à 1972.

Mais les militants du Grand Old Party ont été ragaillardis à l'échelle nationale par de récents sondages montrant que Scott Brown comblait son retard sur Martha Coakley. Selon une enquête d'opinion de l'Université de Suffolk rendue publique jeudi, le candidat républicain est crédité de 50% des intentions de vote contre 46% pour sa rivale démocrate, soit une égalité statistique.

À la veille de la venue de Barack Obama, les deux candidats ont profité de cette scène électorale -de portée nationale- pour tester les messages de campagne 2010 de leurs formations respectives.

Ils se sont affrontés à distance samedi sur la proposition controversée de Barack Obama d'imposer une taxe aux plus grandes banques du pays afin de récupérer le coût colossal du récent plan de sauvetage du secteur financier, alors que ces établissements continuent de verser des milliards de dollars de primes.

Dévoilée jeudi par M. Obama, cette taxe doit être soumise à l'accord du Congrès, mais les républicains ont déjà fait connaître leur hostilité, tout comme les banques. À travers cette mesure, le président espère exploiter le ressentiment contre le sauvetage des banques, les saisies croissantes et un taux de chômage de 10% aux États-Unis -8,8% dans le Massachusetts.

«Lorsque le président Obama dit «récupérons les dollars de nos contribuables', je me tiens à ses côtés, et je me tiens à vos côtés», a lancé Mme Coakley à des syndicalistes.

Scott Brown a lui fait valoir devant des partisans qu'il avait la défense de la classe ouvrière à l'esprit, observant que la taxe restreindrait la capacité des banques à accorder des prêts et entraînerait pour le consommateur une hausse des frais bancaires.

Lors de la primaire démocrate en décembre, Martha Coakley était venue à bout de trois opposants, obtenant près de 50% des voix et s'imposant sur son plus proche rival par 19 points d'écart. Scott Brown, membre du Sénat local et de la Garde nationale du Massachusetts, ne s'est lui jamais présenté à des élections au Sénat des États-Unis