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Les cent jours d'Obama

Barack Obama... (Photo: AFP)

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Barack Obama

Photo: AFP

(Los Angeles) Trois mois après son arrivée au pouvoir, Barack Obama est énormément populaire auprès des Américains. À une époque où les gens font plus confiance au gouvernement qu'aux grandes entreprises, le président semble donner un nouveau souffle au pays, qui s'enfonce depuis déjà un an et demi dans la crise économique. Cela ne veut pas dire pour autant que le nouveau président fasse l'unanimité, comme l'a constaté notre correspondant.

La liste des défauts d'Obama est longue, et Kevin Shear prend plaisir à la réciter, un peu comme un enfant prend plaisir à faire sortir l'air d'un ballon sur le point d'éclater.

Obama est trop timide. Il n'est pas assez fier de son pays. Il veut faire tripler le déficit national. Il s'est trop incliné lorsqu'il a rencontré le roi Abdullah d'Arabie Saoudite. Il a besoin d'un télésouffleur pour donner ses discours. Il est au pouvoir parce que la presse américaine est en admiration devant lui.

« Obama va en Europe et il s'excuse pratiquement d'être américain, ajoute M. Shear, qui travaille comme figurant sur les plateaux de tournage à Los Angeles. Il veut que le reste du monde nous aime. Personnellement, je ne m'intéresse pas à ce que le reste du monde pense de nous. Gouverner le pays le plus puissant du globe n'est pas un concours de popularité. »

Kevin Shear n'a pas voté pour Barack Obama. En fait, il n'a pas voté du tout. Malgré tout, il donne aujourd'hui son appui, timide, au nouveau président.

« Je ne l'aime pas, mais je trouve que les républicains sont encore pires, dit-il. Pour l'instant, j'endure. Je ne sais pas combien de temps cela va durer. »

L'opinion de M. Shear représente une réalité que bien peu de spécialistes et de politologues auraient pu prévoir, il y a à peine trois mois : Barack Obama est plus populaire aujourd'hui que le jour de son élection.

Après environ 100 jours au pouvoir, le président Obama a l'appui de 63 % des Américains, soit la plus haute marque obtenue par un président pour cette période de son mandat depuis trois décennies. Le 4 novembre dernier, 52,9 % des électeurs ont voté pour lui.

Sur la question de l'économie, cruciale cette année, 71 % des Américains affirment avoir confiance dans les décisions économiques d'Obama. Le président reçoit l'appui de pratiquement tous les électeurs démocrates, des deux tiers des électeurs indépendants et du tiers des électeurs républicains, selon un sondage Gallup réalisé à la mi-avril.

Les analystes y voient la touche magique du président, qui a réussi à s'imposer sans avoir l'air de museler ses opposants. La cote de popularité d'Obama tranche avec celle des républicains au Congrès. Ils sont sous la barre des 30 % pour ce qui est de la confiance du public.

« Pour être bien perçu actuellement par le public américain, vous devez faire la preuve que vous pouvez travailler avec vos adversaires », note Dick Keil, porte-parole de la firme Public Strategies Inc.

Selon lui, la coalition montée à Washington par Obama est toujours en place, au moment où il tente de combattre la crise économique et plusieurs autres problèmes de front.

« Le président est très populaire chez les démocrates et, plus important encore, chez les indépendants. Cela montre aussi que les gens sont à l'aise avec l'idée d'un gouvernement qui intervient pour régler les problèmes et trouver des solutions, ce qui n'était pas le cas il y a quelques années. »

Soigner sa gauche

Pendant que les Américains appuient massivement leur président, certaines personnes à gauche se demandent s'il n'en fait pas trop pour trouver un terrain d'entente avec ses opposants. Obama a été élu haut la main l'automne dernier, rappellent-ils. Il a un mandat clair pour changer le visage des États-Unis.

« Je crois que le contraste avec Bush est si frappant que les gens sont encore sous le choc, explique Sarah Right, une étudiante qui habite Santa Monica. Personne chez les démocrates n'ose encore critiquer Obama parce que, globalement, il va dans la bonne direction. »

Selon elle, le support quasi unanime dont jouit le président chez les électeurs qui l'ont supporté va s'effriter plus tard durant son mandat.

« Obama est en faveur de l'utilisation du charbon pour produire de l'électricité, alors que la gauche est contre à 100 %. À moins d'un changement de la part d'Obama, je peux concevoir le jour où les écologistes manifesteront devant la Maison-Blanche », dit-elle.

Christian Haskin, qui a fait du bénévolat pour la campagne de Barack Obama l'an dernier, estime que le président est « incroyablement efficace » et dit être fier de le voir représenter les États-Unis à l'étranger. Si une maison de sondage devait l'appeler, dit-il, il n'aurait que de bons mots à propos du président.

« Mais, au fond de moi, j'aimerais voir un changement plus radical à Washington, note-t-il. Je ne suis pas fan des conseillers économiques du président, qui sont tous issus de Goldman Sachs et des autres compagnies qui nous ont mis dans le pétrin. Je ne sais pas si nous apprenons de nos erreurs. J'espère que oui, mais je ne suis pas certain. »

Il aimerait aussi voir les médias américains faire un meilleur travail d'analyse. Les centaines de milliards de dollars en fonds publics investis dans les banques et les compagnies d'assurances ne font plus l'actualité. Où est passé l'argent ? Les contribuables seront-ils remboursés ?

« Les médias de droite critiquent Obama sur tout, alors que ceux de gauche l'applaudissent, dit-il. C'est difficile d'avoir l'heure juste. Je trouve qu'Obama fait du bon travail, mais je voudrais mieux comprendre où l'on s'en va. »

 

 

 




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