Des centaines de manifestants, mécontents des excuses du New York Post après la publication d'une caricature controversée perçue comme une référence raciale au président Barack Obama, ont appelé vendredi à un boycott du journal.

Mis à jour le 20 févr. 2009
AGENCE FRANCE-PRESSE

«N'achetez pas le Post, faites le fermer», ont crié les manifestants devant le siège de News Corp, le groupe de Rupert Murdoch propriétaire du journal qui a initié cette polémique.

Le dessin, publié mercredi par le New York Post, représente un policier qui vient d'abattre un singe, faisant référence à un chimpanzé tué lundi par la police dans le Connecticut après avoir grièvement blessé une femme.

Un autre collègue dit alors: «ils vont devoir trouver quelqu'un d'autre pour rédiger le prochain plan de relance».

Dans un éditorial le Post a reconnu vendredi que le dessin avait été perçu «comme une représentation du président Obama, comme une expression légèrement voilée de racisme».

«Ce n'était certainement pas son intention. Nous nous excusons auprès de ceux qui ont été offensés par l'image», a indiqué le Post.

Le révérend Al Sharpton, militant des droits civiques des Noirs, et le réalisateur Spike Lee figuraient parmi les manifestants.

«Cette caricature est une insulte pour tout le monde», a déclaré Spike Lee.

«C'étaient des excuses très timides, voire pas des excuses du tout. Les gens qui ont permis à une telle chose de se produire doivent prendre leurs responsabilités et expliquer comment ça a pu se passer et dire que ça ne se reproduira plus», a déclaré à l'AFP Deborah Brown, une manifestante quinquagénaire.

«Il est ridicule qu'ils pensent que ça a un sens de laisser un dessinateur sans talent utiliser des images violentes et raciste et penser que c'est de l'humour politique. C'est incroyable», a-t-elle ajouté.

Une pétition qui a recueilli 4 000 signatures appelle les annonceurs à retirer leurs publicités au journal à moins que le Post ne change de directeur de la rédaction.