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Slaviansk découvre ses fosses communes

Un homme fond en larmes en voyant les... (PHOTO GLEB GARANICH, ARCHIVES REUTERS)

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Un homme fond en larmes en voyant les corps de deux victimes d'une fusillade en banlieue de Slaviansk, le 20 avril.

PHOTO GLEB GARANICH, ARCHIVES REUTERS

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Ukraine
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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

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Marion THIBAUT
Agence France-Presse
SLAVIANSK, Ukraine

Plus de trois heures que les recherches ont commencé. Soudain tout le monde se fige. Un morceau de toile blanche se détache de la terre. Quelques minutes plus tard, quatre corps sont exhumés : Slaviansk vient d'ouvrir sa première fosse commune.

Après des semaines d'intenses combats, l'armée ukrainienne a repris, début juillet, cet ex-bastion des rebelles prorusses. Mais pendant près de trois mois, les séparatistes ont régné en maîtres sur la ville et plusieurs dizaines de personnes auraient disparu.

Jeudi, autour de l'immense trou creusé dans un quartier central de la ville, derrière l'hôpital, une trentaine de personnes assistent à l'exhumation : policiers, employés municipaux munis de masques à gaz, médecins légistes et quelques habitants.

Tous ont le regard tourné vers le fond de la fosse. Tous sauf un. Le frère de l'un des disparus qui aurait été enterré là. Assis sur un muret en pierre, il tourne le dos à la scène.

La fosse creusée à la tractopelle est maintenant profonde d'au moins trois mètres et cinq employés municipaux, dans de grandes salopettes grises s'activent, à la pelle, à dégager les corps sans les endommager.

«C'est une terrible tragédie. Ici, ont été enterrés dans une fosse commune, quatre paroissiens protestants, innocents et qui ont été torturés et tués par les rebelles», explique Anton Gerachtchenko, conseiller du ministre ukrainien de l'Intérieur, qui a présidé une rapide cérémonie avant l'exhumation.

«À notre cher Viktor, de la part de tes enfants et parents», «À notre frère adoré, Dima, Lisa et les enfants», «À notre mari et frère»... À proximité de la fosse, plusieurs couronnes de fleurs et le portrait des quatre hommes ont été déposés.

Kidnappés, le 8 juin à la sortie de la messe du dimanche, personne n'a eu de leurs nouvelles par la suite. Les quatre hommes étaient mariés. Le plus jeune avait 24 ans, l'un d'eux avait quatre enfants et un autre huit.



D'autres fosses

«Au total, il y a sûrement une vingtaine de corps dans cette fosse. En plus des quatre torturés, nous pensons qu'il y a des corps de terroristes qui sont morts pendant la bataille de Slaviansk contre l'armée ukrainienne», raconte M. Gerachtchenko.

Ce dernier explique ensuite que les habitants ont vu les rebelles enterrer des corps à cet endroit. «Nous pensons que d'autres fosses comme celle-là existent dans la ville, mais nous ne savons pas où, et c'est la première que nous ouvrons», ajoute-t-il.

«J'étais dehors devant l'immeuble, le 11 juin, le matin quand une tractopelle est venue faire un trou dans la matinée. Après 15 heures, deux véhicules sont venus très près du trou et ils ont jeté les corps dedans», raconte Valentina, qui habite dans l'immeuble décrépit qui borde le terrain.

«Les corps étaient enroulés dans un tissu blanc, mais il n'y avait pas de cercueil», ajoute-t-elle alors qu'au-dessus de sa tête, sur le toit de son immeuble, deux «snipers» surveillent la scène. «Comment peut-on vivre après ça? Nous sommes des gens si paisibles normalement!», se désole cette femme.

Dans les rues de la ville, totalement nettoyées des dizaines de barricades érigées par les rebelles, la vie semble pourtant reprendre son cours. Des magasins ont rouvert, beaucoup de gens circulent à vélo et dans un parc sur la grande place Lénine des enfants se disputent pour un seau dans le bac à sable.

Au même moment, à quelques mètres de là, au son de l'hymne national, un grand drapeau ukrainien est hissé devant l'hôtel de ville. La main sur le coeur, la cinquantaine d'employés municipaux présents chantent, les larmes aux yeux.




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