Le premier ministre Stephen Harper a exhorté vendredi «tous les pays de la région» à respecter l'intégrité territoriale de l'Ukraine.

Publié le 28 févr. 2014
LA PRESSE CANADIENNE

Les commentaires de M. Harper surviennent au moment où circulent des informations selon lesquelles des hommes armés russes patrouilleraient les rues et contrôleraient les aéroports de la Crimée, une région de l'Ukraine proche de Moscou.

Lors d'un événement organisé vendredi matin à Toronto, le premier ministre Harper a déclaré que le Canada soutient la population ukrainienne dans sa marche vers la démocratie et «un avenir meilleur».

Un nouveau gouvernement ukrainien a été formé après des semaines de violentes manifestations contre l'ancien président Viktor Ianoukovitch, qui a fui le pays pour se réfugier en Russie.

Quelques heures auparavant, du côté de Kiev, le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, arpentait la place de l'Indépendance, au centre-ville, là où de violents affrontements ont éclaté la semaine dernière entre des manifestants anti-gouvernementaux et les forces de l'ordre.

L'assaut des forces gouvernementales a fait une trentaine de morts et plus de 500 blessés.

La place de l'Indépendance affiche encore de nombreux stigmates de ces violences. Le ministre Baird a reconnu qu'il avait été ému par ce qu'il avait vu. Il a rendu hommage aux victimes des affrontements et a émis un voeu de paix aux Ukrainiens.

Le chef de la diplomatie canadienne devait avoir un entretien plus tard vendredi avec le nouveau premier ministre par intérim de l'Ukraine, Arsenyi Iatseniouk.

Entre-temps, la péninsule ukrainienne de Crimée est le théâtre d'échanges musclés entre partisans de la souveraineté de l'Ukraine et ceux favorisant un rapprochement avec la Russie voisine.

Jeudi, à Simferopol, la capitale régionale de la Crimée, des hommes armés ont hissé le drapeau russe au sommet du parlement criméen.

Pour sa part, le président déchu Ianoukovitch, qui se considère toujours comme dirigeant principal du pays, a tenu vendredi à Moscou une première conférence de presse depuis sa fuite de Kiev, samedi dernier. Il a promis de lutter pour l'avenir de son pays, tout en indiquant qu'il n'a pas l'intention de demander d'aide militaire.