Jon Huntsman, le plus modéré des candidats républicains à la présidentielle américaine, voulait croire mardi à une «surprise» dans le New Hampshire, dopé par un frémissement des sondages et l'enthousiasme communicatif de ses fans.

Publié le 10 janv. 2012
Brigitte Dusseau AGENCE FRANCE-PRESSE

M. Huntsman, 51 ans, ancien gouverneur de l'Utah et ancien ambassadeur du président Barack Obama en Chine, joue son va-tout dans cet Etat du nord-est qui tenait mardi ses élections primaires. Il y a fait campagne sans relâche depuis plusieurs mois, y organisant quelque 170 rencontres électorales.

Le dernier pointage Suffolk University/7 News le donnait mardi à 16% des intentions de vote, une progression relativement spectaculaire, après des mois passés en dessous des radars. Il se bat pour la deuxième place contre le libertarien Ron Paul, un médecin texan de 76 ans, à 18% selon ce sondage, et qui comme lui suscite un vrai enthousiasme chez les jeunes.

Dans un bureau de vote de Manchester, il a expliqué mardi qu'il avait donné «son coeur et son âme» au New Hampshire, et fait «tout ce qui était humainement possible» avant l'élection.

Brandissant des pancartes rouges, ses partisans essayaient de couvrir les cris des partisans du favori Mitt Romney, en criant «girouette, girouette», surnom donné à M. Romney accusé d'inconstance par ses détracteurs.

Lundi soir, dans l'arrière-boutique d'une boulangerie archi-comble, M. Huntsman, mormon courtois à la voix douce, qui fait campagne avec sa femme Mary Kaye et plusieurs de ses filles, voulait garder la tête froide. «Nous avons encore du travail à faire, nous avons des votes à gagner, des bras à tordre, et nous allons continuer à le faire jusqu'à la ligne d'arrivée», avait-il déclaré, interrogé sur sa progression de dernière minute dans les sondages.

Mardi, il a encore fait le tour des plateaux télévisés, dénonçant sur MSNBC un Mitt Romney qui selon lui n'a pas de «fond».

«Je présente une vision très différente de l'Amérique. Je représente une nouvelle génération énergique, que le pays attend», a ajouté M. Huntsman sur CNN, critiquant le bilan de gouverneur du Massachusetts de M. Romney, 64 ans.

Et M. Huntsman, qui a le soutien du Boston Globe, a prédit une surprise dans les urnes, voulant voir un présage dans le premier résultat connu, celui du minuscule village de Dixville Notch, qui traditionnellement vote en premier, mardi peu après minuit.

M. Romney y a fait jeu égal avec Mitt Romney, à ... deux voix chacun.

«Les experts qui aiment à vous dire ce qui se passe dans l'univers, vont être surpris ce soir par le vote du New Hampshire. Pourquoi ? Parce que c'est toujours le cas», a ajouté M. Huntsman.

S'il n'y fait pas, selon ses termes, «mieux qu'attendu», M. Huntsman ne pourra pas aller plus loin, faute notamment de soutien financier.

Mais ce modéré qui regrette les divisions du monde politique et appelle à reconstruire la confiance des électeurs, refusait encore mardi de l'envisager.

«Si vous faites mieux qu'attendu dans le New Hampshire, vous allez démarrer en Caroline du sud et dans les Etat suivants. Ils vont voir pour la première fois que vous avez ce qu'ils appellent une éligibilité (...). Le financement, l'organisation, si nous réussissons dans le New Hampshire, tout cela suivra», a-t-il ajouté.