Les forces du régime syrien progressaient dimanche en direction d'un aéroport militaire d'Idleb, après une offensive dans le nord-ouest du pays qui a permis de prendre le contrôle de dizaines de localités, a indiqué une ONG.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Appuyé par l'aviation russe, le régime mène depuis le 25 décembre une opération pour reconquérir le sud-est de la province d'Idleb, la seule à échapper entièrement à son pouvoir et dominée par l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda (ex -Front Al-Nosra).

Dimanche, les forces du régime ont conquis la localité de Sinjar, «la plus grande du sud-est d'Idleb, et se retrouvent ainsi à 14 kilomètres de l'aéroport militaire d'Abou Douhour», selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Une fois repris, l'aéroport tenu par les djihadistes deviendra «la première base militaire aux mains du régime dans la province d'Idleb», a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Le régime avait perdu le contrôle de cet aéroport fin 2015, au terme d'un siège de deux ans imposé par les djihadistes. Depuis, sa présence dans la province se limitait aux deux villages chiites de Foua et Kafraya.

En prenant le sud-est d'Idleb, l'objectif pour le régime est de «sécuriser» une route qui relie Alep, deuxième ville du pays, à la capitale Damas, selon l'OSDH.

«Des unités de l'armée arabe syrienne engagées dans la province d'Idleb ont pris le contrôle d'un certain nombre de villages et de localités dans le sud-est», rapportait samedi soir l'agence officielle Sana.

Depuis le début de son opération, le régime a reconquis 60 villages et localités, alors que les combats se concentraient dans le sud-est d'Idleb et le nord-est de la province voisine de Hama, selon M. Abdel Rahmane.

En présence du chef Mohammad al-Jolani, le «conseil militaire» des jihadistes a tenu «une réunion urgente pour faire face aux derniers développements sur le terrain, dans la province d'Idleb», selon le compte Télégram de Tahrir al-Cham, la coalition djihadiste dominée par l'ex Front Al-Nosra.

«La campagne du régime criminel ne sera pas une partie de plaisir», a-t-il mis en garde dans un communiqué, tout en admettant ses pertes territoriales.

Déclenché en 2011 par la répression gouvernementale de manifestations pacifiques, le conflit en Syrie s'est complexifié avec l'implication de pays étrangers et de groupes djihadistes, sur un territoire de plus en plus morcelé.

Il a fait plus de 340 000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.