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L'EI attaqué sur plusieurs fronts

Des combattants kurdes montent la garde au sud... (PHOTO YOUSSEF BOUDLAL, REUTERS)

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Des combattants kurdes montent la garde au sud d'Erbil, le 18 août.

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L'État islamique

International

L'État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Marwan IBRAHIM
Agence France-Presse
KIRKOUK, Irak

Les forces irakiennes ont attaqué mardi les jihadistes sur plusieurs fronts en Irak, y compris dans l'ex-fief de Saddam Hussein à Tikrit, au moment où l'ONU préparait une vaste opération humanitaire pour aider un demi-million de déplacés par les violences.

Après avoir autorisé des raids aériens qui ont aidé les forces gouvernementales et kurdes à regagner du terrain face aux jihadistes de l'État islamique (EI) dans le nord de l'Irak et l'envoi d'armes, le président américain Barack Obama a promis de poursuivre une stratégie «à long terme» contre ces extrémistes sunnites.

L'EI, qui sème aussi la terreur en Syrie voisine où il combat aussi bien les rebelles que le régime, a lancé le 9 juin une offensive qui lui a permis de s'emparer de larges pans du territoire irakien au nord, à l'ouest et à l'est de Bagdad, avant de l'étendre début août vers la région autonome du Kurdistan, face à une armée irakienne impuissante et des forces kurdes dépassées.

Mais fortes du soutien aérien américain qui a commencé à cibler les positions jihadistes le 8 août, les forces kurdes et gouvernementales ont contre-attaqué, reprenant certains villages dans le Nord et surtout le barrage de Mossoul dimanche, le plus grand du pays. Sa reprise a constitué le plus important revers infligé à l'EI.

Des combats se déroulaient encore dans des secteurs proches du barrage, avec de nouveaux raids américains en appui, selon un responsable militaire kurde.

«L'opération [pour reprendre le barrage] démontre que les forces [gouvernementales] et kurdes sont capables de travailler ensemble et se battre» contre l'EI, a déclaré M. Obama, alors que l'Irak est miné par les divisions.

«S'ils continuent sur cette voie, ils auront un solide appui des États-Unis», a-t-il dit en renouvelant son soutien au premier ministre désigné Haïdar al-Abadi chargé de former un gouvernement d'union, après le départ de son prédécesseur Nouri al-Maliki accusé d'avoir plongé le pays dans le chaos avec sa politique d'exclusion de la minorité sunnite et son autoritarisme.

Les forces gouvernementales, appuyées par des milices et des tribus, combattaient aussi les jihadistes pour reprendre des localités au nord, à l'est et à l'ouest de la capitale irakienne.

Crise humanitaire majeure

«L'armée et des volontaires [chiites], appuyés par des hélicoptères irakiens, participent» à l'opération destinée à reprendre Tikrit, a indiqué un responsable militaire.

Mais plus tard dans la journée, la progression des forces gouvernementales a été stoppée et elles se sont retirées de la ville, selon des témoins, un policier et un rebelle.

L'armée avait déjà tenté, sans succès, de reprendre cette ville située à 160 km au nord de Bagdad.

L'EI est aussi attaqué dans l'ouest de l'Irak, où de puissantes tribus sunnites, appuyées par les forces gouvernementales, se sont soulevées contre les jihadistes dans la province d'al-Anbar.

L'offensive des jihadistes de l'EI, accusés de multiples exactions - exécutions, viols et persécutions - a jeté sur les routes quelque 200 000 personnes surtout des membres des minorités chrétiennes, des Yazidis, des Shabaks et des Turcomans.

L'exode de ces minorités dont des dizaines de milliers ont trouvé refuge dans les montagnes du Nord, dans le Kurdistan ou même dans des camps à la frontière syrienne, a poussé la communauté internationale à envoyer d'importantes aides.

Mais cela n'a pas suffi.

Parlant d'une «crise humanitaire majeure», le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé le lancement mercredi de l'une de ses «plus importantes opérations de soutien pour aider près d'un demi-million de personnes forcées de fuir leur foyer».

Un pont aérien d'aide sera établi entre Aqaba en Jordanie et Erbil, la capitale du Kurdistan, puis dans les 10 jours suivants, de l'aide sera acheminée par convois terrestres de Turquie et Jordanie. Enfin, de l'aide sera envoyée par mer et terre depuis Dubaï via l'Iran.

Couler dans le sang

Tentes, couvertures en plastique, kits d'ustensiles de cuisine et jerricans seront envoyés dans un premier temps aux déplacés vivant toujours dans des écoles, des mosquées, des églises et dans d'autres bâtiments. De nouveaux camps seront aussi mis en place.

Après l'envoi par l'Italie de plusieurs avions d'aides en Irak, le chef de son gouvernement Matteo Renzi effectuera mercredi une visite éclair à Bagdad et à Erbil pour évoquer une éventuelle livraison d'armes.

Malgré la mobilisation internationale, le fils du chef de la minorité kurdophone non-musulmane des Yazidis, Breen Tahseen, a affirmé depuis Genève que le monde n'en faisait pas assez pour mettre fin au «génocide» commis par les jihadistes.

Considéré par les Occidentaux comme une «menace existentielle», l'EI a proclamé fin juin un califat à cheval sur des territoires qu'il contrôle en Irak et en Syrie.

De plus en plus de voix se sont élevées contre ce groupe, comme le grand mufti d'Arabie saoudite, Abdel Aziz al-Cheikh, qui l'a qualifié d'«ennemi numéro un de l'islam».

Dans leur dernière campagne sur internet, des partisans de l'EI ont lancé le hashtag «AmessagefromISIStoUS» sur Twitter, avec une menace adressée aux États-Unis : «Nous vous ferons tous couler dans le sang». Le message a été piraté par des internautes américains qui ont mis en ligne une photo d'un drone tirant des missiles avec le titre : «Ce drone est pour vous».




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