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Israël intensifie les menaces de représailles contre les Palestiniens

Des soldats et des colons israéliens se précipitaient... (Photo: AP)

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Des soldats et des colons israéliens se précipitaient mercredi vers un abri après une alarme d'une attaque en provenance de Gaza.

Photo: AP

Jonah MANDEL
Agence France-Presse
Jérusalem

Israël intensifiait mercredi ses menaces contre les dirigeants palestiniens, à 15 jours de la présentation à l'Assemblée générale de l'ONU d'une demande de porter la Palestine au statut d'État non membre de l'ONU.

«Renverser le régime d'Abou Mazen (le président palestinien Mahmoud Abbas, NDLR) serait la seule option dans ce cas», affirme un document d'orientation politique du ministère israélien des Affaires étrangères obtenu mercredi par l'AFP.

«Toute autre option (...) signifierait lever le drapeau blanc et reconnaître l'échec des dirigeants israéliens à relever ce défi», juge ce projet de document, qui doit être entériné par le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman avant d'être soumis au gouvernement.

«Israël doit faire payer un prix élevé à Abou Mazen, en incluant l'option de renverser son régime et démanteler l'Autorité palestinienne», insiste la note, considérant que l'accession de la Palestine au statut d'État reviendrait à «franchir une ligne rouge».

Ce n'est pas la première fois que M. Lieberman, chef d'un parti ultranationaliste et allié électoral du Premier ministre Benyamin Nétanyahou, menace ainsi le dirigeant palestinien.

Il avait déjà prévenu le 24 octobre, lors d'une rencontre avec la chef de la diplomatie de l'Union européenne Catherine Ashton, que si les Palestiniens «persistaient dans ce projet, (il) ferait en sorte que l'Autorité palestinienne s'effondre», selon les médias israéliens.

Un haut responsable israélien a indiqué mercredi à l'AFP sous couvert de l'anonymat que l'État hébreu envisageait également d'abroger tout ou partie des accords de paix d'Oslo de 1993.

«La démarche des Palestiniens à l'ONU marque une rupture tellement fondamentale avec les accords d'Oslo qu'elle les abroge. Et s'ils sont abrogés, ils ne nous engagent plus non plus», a estimé ce responsable, affirmant que les accords d'Oslo sur l'autonomie palestinienne «disent spécifiquement que tout désaccord devra être réglé par le biais de négociations directes, et pas en sollicitant une tierce partie».

«Menaces en l'air»

Le négociateur palestinien Saëb Erakat a balayé ces avertissements. «Les menaces israéliennes sont un disque rayé, nous y avons eu droit sous Arafat et maintenant sous Abou Mazen», a-t-il déclaré à la radio militaire israélienne.

«Même si les Palestiniens avaient une mère Teresa pour président, Thomas Jefferson comme président du Parlement et Montesquieu comme Premier ministre, il se trouverait encore un Lieberman pour dire que ce ne sont pas des partenaires et qu'il faut les tuer», a-t-il ironisé.

Au sujet des accords d'Oslo, il a dit «croire aux menaces israéliennes, elles ont déjà été mises à exécution. Oslo était censé s'achever en 1999», après discussions sur le statut final.

Le président Abbas a annoncé lundi soir que la résolution palestinienne serait présentée le 29 novembre à l'Assemblée générale, où elle semble assurée de la majorité simple requise.

Les responsables palestiniens ont affirmé être prêts à faire face aux retombées de la démarche.

Le négociateur Mohammad Chtayyeh a indiqué lundi s'attendre à ce que les mesures de rétorsion israéliennes, notamment financières, «n'aillent pas au-delà de la question de la construction de colonies» nouvelles.

«La plupart des mesures annoncées seront des menaces en l'air parce qu'Israël a intérêt à maintenir l'Autorité palestinienne en l'état et les Israéliens ne sont pas en position de la pousser à l'effondrement total», a-t-il estimé, rappelant que la Ligue arabe avait promis un «filet de sécurité» pour faire face à d'éventuelles sanctions financières.

Saëb Erakat a précisé lundi que la direction palestinienne «tentait d'activer la décision relative au filet de sécurité de 100 millions de dollars au cas où Israël bloquerait nos fonds et où les États-Unis fermeraient le bureau de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et cesseraient leur aide».




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