La Russie amorce son retrait partiel de Syrie

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Un point de contrôle des armées russe et syrienne près de Homs.

Photo Nataliya Vasilyeva, archives Associated Press

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Olga ROTENBERG, Anaïs LLOBET
Agence France-Presse
Moscou

La Russie a amorcé mardi le retrait partiel de ses troupes déployées depuis deux ans en Syrie, conformément à l'annonce de Vladimir Poutine qui a déclaré leur mission «brillamment accomplie» après deux ans d'intervention en soutien au régime de Bachar al-Assad.

Au lendemain de l'annonce par le président russe d'un retrait d'«une partie significative» des forces engagées depuis septembre 2015, la télévision russe a retransmis toute la journée des images des soldats débarquant sur le sol russe, sous le soleil du Caucase ou dans le centre enneigé de la partie européenne du pays.

Certains étaient accueillis par une petite foule aux slogans patriotiques, d'autres par des hauts gradés de l'armée les remerciant.

«Le bataillon de police militaire du district militaire sud (de la Russie), qui était déployé en Syrie, a été emmené par deux avions de transport militaire à l'aéroport de Makhatchkala», capitale du Daguestan, a indiqué dans un communiqué l'armée russe.

Des avions-radars A-50 se sont posés dans la région d'Ivanovo, au nord-est de Moscou.

Des bombardiers Tu-22M3 ont en outre quitté l'aérodrome d'Ossétie du Nord, dans le Caucase russe, d'où ils décollaient pour frapper la Syrie, pour rejoindre leur base permanente dans les régions de Kalouga, dans le centre de la Russie, et de Mourmansk, dans le nord.

«Deux tiers du contingent»

Lundi matin, en route pour une tournée éclair en Égypte et Turquie, Vladimir Poutine avait fait une escale surprise en Syrie pour la première fois depuis le début, il y a six ans, du conflit qui a fait au moins 340 000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

Sur la base aérienne d'Hmeimim avec Bachar al-Assad, le président russe, candidat à un quatrième mandat, a annoncé le retrait d'une «partie significative» des forces russes présentes dans le pays.

«Oui, la menace terroriste reste très élevée dans le monde. Cependant, la mission de lutter contre les bandes de terroristes ici, en Syrie, qui était nécessaire avec un recours de grande ampleur aux forces armées, a été dans l'ensemble accomplie, brillamment accomplie», a-t-il insisté.

Le président russe n'a pas précisé le nombre de soldats concernés. Selon le chef des forces russes en Syrie, le général Sergueï Sourovikine, 23 avions et deux hélicoptères russes devraient quitter d'ici peu la Syrie, ainsi que des unités des forces spéciales, des démineurs et des médecins d'un hôpital de campagne.

Des sources anonymes proches de l'armée russe ont indiqué aux quotidiens RBK et Kommersant qu'il s'agit de «deux tiers du contingent et des équipements».

La Russie restera cependant présente à l'aérodrome de Hmeimim comme sur la base navale russe de Tartous, pour pouvoir «frapper avec une force jamais vue» les terroristes «s'ils relèvent la tête», a rappelé son porte-parole Dmitri Peskov lors d'un breffage mardi.

«Guerre politique»

De 4000 à 5000 militaires russes ont stationné en Syrie pendant ces deux années. Officiellement, une quarantaine d'entre eux ont péri depuis le début de cette intervention.

L'intervention russe a changé la donne en Syrie en permettant à Bachar al-Assad de reprendre le contrôle d'une grande partie du territoire aux rebelles et au groupe djihadiste État islamique, ce dernier étant désormais confiné à de petites poches.

Vladimir Poutine avait déjà ordonné le retrait d'une partie du contingent russe en Syrie en mars 2016. Lundi, le Pentagone a réagi à cette nouvelle annonce de retrait avec scepticisme, affirmant que «les déclarations de la Russie sur le retrait de ses troupes ne correspondent souvent pas à de réelles réductions des effectifs militaires».

«Il est essentiel pour Poutine d'apparaître en tant que vainqueur militaire et dirigeant d'une puissance mondiale auprès des citoyens russes qui vont voter pour lui d'ici quelques mois», explique à l'AFP l'expert militaire indépendant Alexandre Golts.

Vladimir Poutine, au pouvoir depuis 18 ans comme président ou premier ministre, a annoncé la semaine dernière sa candidature à l'élection de mars 2018 pour un quatrième mandat.

«Cette guerre a commencé pour des raisons politiques», assure M. Golts. «Et puisqu'il s'agit d'une guerre politique, elle s'est achevée par une décision politique des autorités russes.»




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